ACTUALITÉ, CULTURE

Bastien Gral : “Si vous saviez à quel point c’est facile, vous diriez que c’est de l’arnaque”.

Vous savez ce qu’il manque à ce monde ? Un peu de folie, un peu d’excentricité, un peu de Bastien Gral. Il manque un peu de ce petit personnage haut en couleur et bourré de talent qui, du haut de son mètre-soixante-cinq, vous fait voir votre propre réalité à travers la lunette délicatement raffinée (et parfois indélicatement gonflée) de son art irrévérencieux et rafraîchissant. J’ai pu le rencontrer pour en savoir plus sur sa personnalité et sa vision de l’art et du monde dans lequel nous vivons.

Propos recueillis par Victorien Biet

Bastien, qui es-tu ? 

Je suis un artiste. Artiste performeur, instagrameur, pas encore plasticien ni photographe, modèle photo et surement futur acteur porno (rire). Non, en fait, je n’en sais rien. Je fais des performances et j’ai exposé il y a peu de temps pour la première fois de ma vie. Aujourd’hui, c’est ma première interview donc oui, on peut dire que je débute. Sinon, j’étudie l’histoire de l’art à la fac mais je considère que je suis artiste avant d’être étudiant. Je souhaiterais que tous les artistes, qu’ils soient musiciens, acteurs, auteurs (…), qui étudient considèrent que leur première activité est leur activité artistique.

Et donc, comment te projettes-tu dans l’avenir ?

Mort à 27 ans. Non, plus sérieusement, je suis et resterai artiste et je n’aurai aucun souci, pour vivre, à faire un boulot à côté. Mais, pour moi, ça ne sera jamais faire un boulot et, en parallèle, être artiste. Je veux continuer à créer et peu importe ce que je ferai pour vivre du moment que je touche un peu d’argent. De toutes façons, si on n’a pas la conviction qu’on va réussir, on ne réussira jamais. Aujourd’hui, j’ai la conviction qu’un jour, je vais réussir. Même si c’est du déni ou de l’auto-persuasion, ça m’est égal. Je préfère y croire et considérer que je n’aurai pas besoin de bosser à côté (rire).


“MERCI POUR L’ART” – Performance sauvage à la FIAC – 2018

Du coup, que penses-tu de la situation des artistes, aujourd’hui ?

Ça dépend lesquels ! À mon échelle, en tant que grand débutant, je pense que la jeunesse artistique, si elle n’est pas absente, est au moins muette. On a une nouvelle génération qui est assez désillusionnée et fataliste. Alors je pense qu’aujourd’hui, il n’y a pas de génération artistique et, s’il y en a une, elle ne se fait pas entendre. Mon but, c’est d’essayer de déjouer cela, dans un premier temps. Un peu comme Don Quichotte partant combattre des moulins à vent, mais bon, ça se tente. Il y a beaucoup d’autres artistes qui luttent contre cette situation de vide artistique.

Mais il faut savoir que nous ne faisons pas que lutter contre le fatalisme de cette génération mais aussi contre un monde de l’art assez compliqué avec une ère de l’art contemporain assez plate et tordue. De plus, à l’heure actuelle, le monde de l’art est dominé par les grands artistes. Ça fait que, nous, jeunes artistes, avons beaucoup de mal à avancer puisque nous ne sommes ni soutenus ni épaulés. Pour autant, avons-nous envie d’être soutenus si c’est au prix de l’indécence économique ? Je ne sais pas. En attendant, le monde de l’art n’est pas là pour nous encourager. Il y a des personnes qui essayent mais, majoritairement, on a un univers artistique qui est très inégalitaire sur le modèle de notre société.

“En art, la jeunesse n’existe plus.”

Tu penses donc qu’il existe une autre catégorie d’artistes autrement privilégiée ?

Absolument. Pour autant, je ne veux pas dire qu’ils ne sont pas bons ou que les nouveaux sont meilleurs qu’eux. Mes inspirations sont des artistes qui ont, aujourd’hui, entre 50 et 60 ans, qui sont renommés, qui ont leur place dans de grandes galeries. Donc, ce sont de bons artistes. Cependant, le monde de l’art les a enfermés dans une cage dorée. C’est très bien pour eux mais ça ne laisse pas la place aux jeunes. En art, la jeunesse n’existe plus. On a du mal à le reconnaitre et il serait temps que ça change. Non pas en éliminant les vieux artistes mais en faisant de la place aux nouveaux. Parce-que, sinon, c’est le Japon, c’est une population vieillissante qui finira par disparaitre, laissant un grand vide, sans continuité. Évidemment, il y a de jeunes artistes mais ce sont des gens qui ont la trentaine, ce qui est déjà vieux.

Et d’après-toi, quelle serait la solution ? 

Je n’en ai pas (rire). Je pense que les artistes, s’ils font des efforts, c’est une bonne chose, mais ils n’ont pas de responsabilité. En revanche, les galeries ont une responsabilité mais ne feront rien. Donc, à mon sens, la seule solution, c’est de s’imposer. Ça fait aussi partie de la performance. Lorsque j’en fais une dans la rue, lorsque je m’incruste à la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain ndlr.) ou dans un musée, les gens n’ont pas d’autre choix que de me voir. Ils ne sont pas obligés de me regarder mais ils peuvent me voir. Quand je fais ça, je m’impose à eux, je leur dis que j’existe. Et je suis loin d’être le plus “extrême”. Je pourrais, par exemple, citer Deborah de Robertis qui est l’une de mes inspirations majeures. Elle va jusqu’à se mettre nue en place publique presque systématiquement et c’est typiquement ce que j’imagine dans cette idée de s’imposer, d’imposer son art et son corps. On oblige les gens à nous reconnaître car on ne peut pas attendre que le monde change. Le monde changera grâce à nous ou il ne changera pas. ORLAN, avant de devenir cette grande artiste reconnue et exposée au Centre Pompidou, s’est incrustée à la FIAC. Elle a gueulé, elle s’est imposée et c’est comme ça qu’un monde peut changer. Grâce à l’action.

“J’ai posté un grand nombre des photos de moi, torse-nu, sur Instagram et, alors que je suis biologiquement un homme, on a considéré que j’avais des seins et on m’a censuré.”

Pour remédier à ce manque d’exposition, tu as justement choisi de diffuser ce que tu fais sur les réseaux sociaux. D’après-toi, quelle est leur place, aujourd’hui, dans le monde de l’art et cette présence a-t-elle vocation à durer ?

Pour ce qui est de la durabilité, je ne saurai pas te répondre. Par contre, c’est très important aujourd’hui. Je considère que démocratiser l’art, c’est une priorité. Quand je parlais de comment révolutionner le monde de l’art et de comment il était possible de diminuer les inégalités entre les artistes, j’aurais pu te dire que les réseaux sociaux tiennent un rôle très important. Ça permet à tout le monde de partager ce qu’il fait sans distinction économique et, clairement, sans eux, je ne suis rien. C’est presque politique, d’ailleurs. Est-ce que ça durera ? Je ne sais pas. Il y a quand-même de nombreuses inégalités sur les réseaux sociaux et je pense que ça ne va pas s’améliorer avec le temps. Il y aura de plus en plus d’imitations des inégalités sociales en ligne mais, pour l’instant, je pense que c’est l’un des champs de bataille.


“Adam et Eve” – Photographies postées sur Instagram et avis de censure

D’autant que les artistes y sont de plus en plus confrontés à la censure. 

Pour ce qui est de la censure, à laquelle je suis moi aussi confronté, je ne sais pas s’il s’agit de quelque-chose de politique ou de partisan. Je ne saurai même pas te dire s’il y a des impératifs économiques derrière. Personnellement, j’ai posté un grand nombre des photos de moi, torse-nu, sur Instagram et, alors que je suis biologiquement un homme, on a considéré que j’avais des seins et on m’a censuré. Il y a encore un certain travail à faire au sujet de la censure féminine. Qu’on censure un sexe, une scène sexuelle ou érotique pour protéger les plus jeunes, ça peut s’entendre. En revanche, qu’on considère la nudité comme sexuelle à tout prix, ça me paraît abusif. Si aujourd’hui, je me mets nu, devant toi, dans ce bar, ça n’a rien de sexuel. C’est de la nudité et c’est naturel. Il y a une espèce de pudeur sociale autour de ça qui est assez ridicule car, au final, ceux qui considèrent cela comme quelque-chose de sexuel sont peut-être les plus pervers puisqu’ils voient de la sexualité en tout. Une personne nue n’a rien de sexuel, c’est l’ordre des choses. Lorsqu’on censure ma poitrine nue, c’est parce qu’on considère que je suis une femme. On ne le ferait pas avec un homme. Et lorsqu’on censure un sein de femme, c’est parce qu’on considère que c’est sexuel. Pourtant, ça n’est même pas un organe, c’est un fantasme masculin. Du coup, on considère que c’est honteux de les montrer. Est-ce que ça changera ? Je ne sais pas et je n’en suis pas certain.

“Troller les gens, c’est ma grande passion.”

Donc, est-ce que tu dirais que ton but est de choquer ?

On me l’a souvent dit. Premièrement, les gens pensent que choquer en art, c’est un peu facile. À cela, je réponds qu’il y a grand nombre de choses faciles qui sont très bonnes, ça n’empêche rien. Donc, argument invalidé. Je n’ai aucun souci à choquer, à faire scandale ou à simplement choquer pour choquer. Tree de McCarthy exposé sur la Place Vendôme, c’était ça mais c’était très intéressant en plus d’être un très bon coup de com’. Il n’y a aucun problème avec ça. Est-ce que c’est ce que je fais ? Je ne sais pas. J’aime la provocation mais, provoquer pour provoquer, je pense que le cap a été passé, que beaucoup trop de gens l’ont fait. Aujourd’hui, c’est inefficace et stérile car on ne trouve plus grand monde pour être choqué si on fait l’impasse sur les réseaux sociaux. Si demain, j’érige un sex-toy dans la cour du Louvre, beaucoup de gens passeront avec indifférence. À la connaissance de cette donnée, je ne vois pas l’intérêt de choquer pour choquer. En revanche, déranger les gens, pourvu qu’il y ait un message derrière, ça, je le fais.

Lorsque je joue le rôle de Marie-Madeleine devant Notre-Dame, je sais ce que je fais et je sais que je vais avoir des mauvais retours de la part de personnes catholiques pratiquantes. J’étais conscient et j’avais la conviction personnelle que je ne faisais pas cela pour rien. Par contre, est-ce qu’un jour, je ne ferais pas cela pour déranger les gens et les faire chier ? En tant que troll, oui. J’adore ça. Troller les gens, c’est ma grande passion, comme pour beaucoup d’artistes, et je pense que je le ferai un jour. Certaines personnes m’ont fait des critiques et se sont moquées de ce que je faisais à juste titre. C’est très important de se moquer des artistes, il faut arrêter de les prendre au sérieux. Un jour, un mec m’a dit que j’allais finir par mettre des godes-ceintures sur des statues de femmes et dire que c’était de l’art et j’ai envie de le faire, rien que pour la blague. Déjà parce-que ça n’est pas une mauvaise idée et puis parce-qu’appliquer ce que les gens disent pour se moquer de nous et nous tourner en ridicule, c’est tellement drôle. J’espère pouvoir le faire.

On peut donc considérer que tu es un peu la “bête noire” des catholiques. 

Le principal reproche qu’on m’a fait, c’est de ne m’en prendre qu’à la religion catholique. On m’a demandé pourquoi je ne faisais pas ce que je fais avec l’Islam, par exemple. “Parce-que tu n’as pas assez de couilles”, m’a-t-on dit. D’abord, oui, tout simplement. J’aime l’art et je me battrai pour l’art mais pas au point de me mettre en danger de mort. On ne peut pas reprocher à quelqu’un d’avoir peur. Ensuite, je ne connais rien à la religion musulmane. J’étudie le catholicisme et je vis son influence sur la société française. Je connais tout cela et l’influence que ça a sur ma vie. Les artistes parlent de ce qu’ils comprennent, de ce qui est proche d’eux. L’autre aspect, c’est que l’artiste produit ce qu’il a envie de produire et pas seulement ce qu’il considère comme juste. On m’a déjà demandé de travailler sur le genre et je le ferai certainement un jour mais, jusqu’à maintenant, je n’en ai ressenti ni l’envie ni le besoin.


“Performance Podophile” (Marie-Madeleine) – Performance devant Notre-Dame de Paris – 2018

N’est-ce pas justement contre-productif de pousser un artiste à produire quelque-chose de précis ? 

Avec moi, oui (rire). Ça peut marcher avec certains et de nombreuses personnes considèrent que les artistes ont un rôle à jouer, qu’ils ont un devoir presque politique. Je considère personnellement que l’art ne peut pas changer un monde. L’art peut influencer, accompagner mais il n’a aucun pouvoir. Je n’aime pas me sentir obligé de parler de quelque-chose. Ça, c’est une conviction personnelle mais nombre d’artistes se sent obligé de raconter quelque-chose. Je le ressens de plus en plus avec la question environnementale et climatique, ce qui me fait me demander si je n’ai pas, à mon échelle d’artiste, un rôle à jouer, même minime. N’ai-je pas un rôle politique, en tant qu’artiste, face à la montée de l’extrême droite ? Je pense au Brésil, notamment. À ce stade, je me préoccupe de ce dont je me sens proche, ce qui ne m’empêche pas de me remettre en question. Je ferai toujours ce dont j’ai envie, question d’indépendance, ce qui ne veut pas dire que je n’évoquerai jamais ces sujets.

Tu évoquais un peu plus tôt ta “féminité” réelle ou supposée. Certains pourraient voir en toi un artiste Queer. Quelle définition en donnerais-tu ? L’es-tu seulement ?

Ça dépend. C’est de l’art militant, un art qui revendique un message politique et idéologique. Il l’affiche. C’est ce qu’ont fait de nombreux artistes, notamment dans les années 1980. Ils revendiquaient le fait de militer pour la cause homosexuelle, LGBT, etc. À mon sens, c’est ça être artiste Queer. C’est pourquoi je ne m’identifie pas à cette définition. Bien-sûr, on ne peut pas ne pas voir un sous-entendu renvoyant à mon genre et à ma sexualité dans ce que je fais. Cependant, je n’ai jamais milité pour la cause Queer. Peut-être que je le ferai un jour en travaillant sur le genre, en militant ou pas, mais, pour l’instant, je ne me bats pas pour une communauté car je n’ai pas spécialement envie d’en faire partie. Pour moi, ce serait un paradoxe que de militer pour cette communauté alors que je n’en suis pas.

“Tout le monde est capable de réfléchir. La seule différence, c’est que certains sont assez bêtes pour mettre leurs idées en application.”

Ce que tu fais doit d’ailleurs te demander beaucoup de travail. Quel est ton processus créatif ?

Houlà. Si vous saviez à quel point c’est facile, vous diriez que c’est de l’arnaque (rire). Non, plus sérieusement, c’est assez naturel. Je suis dans un art assez intellectuel, finalement. J’insiste sur “intellectuel” qui ne veut pas dire “intelligent”, attention. La base de ce que je fais, c’est quand-même la réflexion. Une performance, ça ne demande pas quarante heures de préparation technique. C’est comme une pierre qui roule et qui grossit encore et encore, accrochant au passage de nombreuses idées. C’est continuel et tout le monde est capable de réfléchir. La seule différence, c’est que certains sont assez bêtes pour mettre leurs idées en application : les artistes. Donc, je n’ai pas véritablement de processus créatif. La seule chose que j’ai, c’est un carnet que je garde toujours sur moi et que je remplis de croquis, d’idées. Et, honnêtement, 90% de ce que j’y note, c’est de la merde. C’est tout pourri, infaisable, impossible à présenter, ou alors c’est que je n’ai tout simplement pas le talent technique pour le faire. C’est un tri à faire. On réfléchit, on s’informe, on va visiter les expositions. C’est ce que je fais et je me nourris de ce que font les autres.

Je prends beaucoup de douches, aussi. C’est l’un des endroits où l’on réfléchit intensément avec les toilettes. C’est de là que je sors la moitié de mes idées. Être un peu bête ou fou pour avoir des idées improbables, c’est ma recette. Car sinon, qui va se dire “je vais aller à Notre-Dame et je vais laver tes pieds avec mes cheveux” ? Ça découle aussi d’un certain ennui. Quand on se fait chier, on a des idées un peu bizarres et il y en a qui se font tellement chier qu’ils les mettent en pratique. Ça, c’est moi. Certains artistes ont un véritable processus créatif et j’ai beaucoup d’admiration pour ces gens qui s’enferment chez eux tout le week-end, prennent une toile et peignent ou ceux qui font de la sculpture, travaillent le bois. Je suis incapable de le faire parce-que je n’ai pas la patience et parce-que j’ai besoin du monde extérieur. Si je devais inventer une formule magique pour ce qui est de l’art conceptuel, je dirais que c’est un art humain. Je me nourris des gens, de leurs opinions et s’il n’y avait personne autour de moi, je ne ferais rien. Si je parle de la religion, c’est bien parce-que des gens croient. Et si je fais des performances dans la rue, justement, c’est parce-que j’aime le contact humain.


“Burn the witch” (d’après Alcibiade), série des Mises à Mort – tirage photographique brûlé – 2018

Pour l’art conceptuel, un art humain, un art de l’expérience, s’enfermer chez soi, ça ne marche pas. C’est un art de la vie, c’est quelque-chose de concret. En ce qui me concerne, une rupture amoureuse, je vois ça comme quelque-chose que je vais pouvoir utiliser pour mon art. Je vois tout comme une œuvre potentielle et je comprends parfaitement que les gens considèrent ça comme du bullshit. J’ai eu une période de déprime comme beaucoup de gens, ce qui s’est accompagné d’une grande négligence hygiénique, notamment dans ma chambre qui est un foutoir pas possible faute de volonté. C’était pire à cette époque, notamment pour ce qui est des draps. J’en ai honte, quand j’en parle, mais mon père m’en a fait le reproche un jour car on pouvait presque y distinguer ma silhouette. Et là, je me suis dit qu’il y avait quelque-chose à faire, artistiquement. Par rapport au Saint-Suaire, par rapport au sexe, par rapport à la mort. La mort, c’est un peu comme du sexe et inversement et cette tâche dégueulasse, c’était du sexe. Jésus, enroulé dans son drap, n’était-il pas sale aussi ? Est-ce parce-qu’il a baisé dedans ? C’est ce qui m’amène à penser que tout peut être sujet à inspiration et à art. Même les draps sales à cause d’une déprime. Il n’y a pas d’un côté l’art et de l’autre la vie. Les deux sont indissociables.

Ce qui m’amène à te demander quels sont tes futurs projets et pourquoi tu es aussi productif. 

Tu sais, je vis au jour le jour. La mort, ça arrive un peu n’importe quand. Ça se trouve, je vais mourir dans la rue et je n’aurai aucun regret car j’ai tout-de-même quatre performances à mon actif. Du coup, je me dépêche de créer car je me dis que chaque jour, ça peut être trop tard. Mourir ne m’angoisse pas. Par contre, j’ai très peur de ne pas avoir pu faire ce que j’ai envie de faire avant de mourir. C’est cette fraction de seconde où tu vois une voiture te foncer dessus et tu te dis “putain, ma performance est dans une semaine”. Ça, c’est important pour moi, de me dire “je meurs mais j’ai fait tous les trucs badass que je voulais faire avant”. On attend pas pour faire des trucs un peu fous, sinon c’est trop tard. D’abord parce-que si on attend, on peut avoir peur de les faire par la suite, ce qui ne veut pas dire que ce sont de bonnes idées… Comme envoyer un message à ton ex, par exemple. Aussi parce-que si je ne fais pas ça, je ne fais rien, concrètement. Pour moi, ça fait six performances à l’année et ça n’est pas énorme pour un artiste comparé à ceux qui peignent. Je débute et ce besoin de marteler est d’autant plus fort. Alors pour répondre à ta question, je n’ai rien de prévu pour le moment. Pourquoi pas bientôt travailler sur la question du genre. L’art a déjà fait son boulot pour ce qui est de l’homosexualité qui est, aujourd’hui, un sujet politique, et je pense que, pour ce qui est du genre, il y a encore beaucoup de choses à faire. Sinon, j’ai quelques projets de collaborations et j’aimerais me mettre à la musique. Et je n’en ai pas fini avec la religion (rire).

PLUS D’INFOS :
– Instagram : bastien_gral
www.bastiengral.wixsite.com/artgral

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