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PATRICK BALKANY, LE CLUEDO ET DU PAIN BUCHERON (CHRONIQUE #2)

J’avoue qu’il m’arrive de me comporter bizarrement. Ainsi, par un étrange alignement des planètes, m’étais-je retrouvé au rayon littérature éducative de la FNAC des Champs-Élysées, « Main on End » de l’OST d’Avengers Endgame dans les oreilles, à la recherche d’un manuel de grammaire estampillé Bescherelle afin de combler certaines lacunes accumulées durant mon jeune âge, lorsque le système scolaire français m’a mis dans le crâne, volontairement ou pas, que je ne ferrai jamais rien de ma vie et qu’il était peut-être préférable de laisser tomber dès lors.

Si bien que les gens ont tendance à dire de moi que je suis « tête en l’air » ou « dans les nuages », toujours à m’imaginer ce que serait la vie si (…), les écouteurs vissés dans les oreilles comme s’ils étaient mon organe de l’inspiration, l’appendice par lequel tout transite. Des personnages que j’invente aux histoires que j’imagine. Ces histoires que je me retiens d’écrire car je sais que si je commence, il viendra un moment où je ne saurai pas accorder cette phrase qui sonnait si bien dans ma tête. Du coup, je crois que c’est une assez belle mise en abime pour une anecdote au sujet d’un Bescherelle. 

Anecdote qui reflète assez bien le vide intersidéral de mon existence lorsque je n’ai aucune responsabilité professionnelle. C’est ce qui m’a conduit, après une première leçon sur les catégories de mots, à acheter la version Nintendo Switch du Cluedo. Ceux qui me connaissent savent d’ailleurs que je raffole de ce jeu de société. Avis aux amateurs. D’ailleurs, pour ceux que ça intéresse, je ferais bien une partie de Monopoly prochainement. 

Ce qui m’amène à pousser un coup de gueule. Comment expliquer, alors même qu’à l’achat, jouer en ligne à la Switch n’était pas payant, Nintendo se soit lancé dans l’imitation des escroqueries que nous offrent Microsoft et Sony depuis la dernière génération de consoles et à laquelle nous aurions du nous opposer fortement ? Ajoutez à cela qu’en plus de devoir me contenter de jouer face à l’intelligence artificielle de la console, je sois obligé de conserver mon achat dans la mesure où l’entreprise nippone est hostile à tout remboursement (malgré le prix exorbitant de ses titres). Inintéressant au possible ? Certes. 

Il est d’ailleurs amusant que j’ai pu apprendre la condamnation de Patrick Balkany au terme d’une partie de Cluedo. Pour une fois, ça n’était pas le Colonel Moutarde, dans la cuisine, avec la sauce béchamel (ou Bescherelle) qui avait commis le crime. C’était le Maire de Levallois-Perret, avec la valise de billets dans l’avion en partance pour le Maroc. Il s’avèrera pourtant que les habitants de la dite ville soient assez indifférents à la notion de fraude fiscale, ce qui a le don d’agacer l’aile gauche française qui préfère se dire que ce sont des électeurs du maire en disgrâce ou que « ce sont des idiots qui ont bien tort de se réjouir de la nouvelle piscine municipale creusant un peu plus le déficit de la ville » alors même que les leaders de la gauche clament à qui veut l’entendre que « la France n’a jamais été aussi riche » et qu’il serait peut-être temps de mettre la main au portefeuille. 

Portefeuille que je ne prends jamais avec moi, d’ailleurs. Je me faisais justement la réflexion tout à l’heure en allant marcher. C’est une vilaine manie liée au fait que je suis très encombré par mon corps et peu habile de mes mains. Rendez-vous compte : je suis cette personne à la boulangerie qui galère à sortir son portefeuille de sa poche, qui galère à l’ouvrir, qui galère à sortir sa carte de crédit et qui galère à la ranger avec sa putain de baguette de pain dans l’autre main. Ce même connard qui vous a fait attendre une minute alors qu’un client prend en moyenne trente secondes pour effectuer sa transaction. C’est ce qui m’a conduit à abandonner l’idée du portefeuille, me disant que ce serait bien plus pratique de conserver ma carte de crédit dans la poche intérieure de ma veste, d’où j’ai tout autant de mal à l’en extraire, d’ailleurs. Tout ça pour un pain bucheron.

Il faut savoir que, jusqu’à très récemment, j’étais habitué à consommer des pains au lait Pasquier pour le petit déjeuner. Délicieux, ils laissaient pourtant une petite touche d’inaccompli qui ne me met pas en joie lorsque je dois me lever à sept heures (dans la mesure où je suis plutôt du genre treize heures du matin), sans compter le fait que ma consommation faisait effet caméléon sur leur aspect industriel, ce qui fait que j’avais tendance à les enchaîner sans trop prendre en considération le nombre de calories, me rappelant l’adage de ma grand-mère exprimant cette idée qu’au petit-déjeuner, on mange comme un Prince (cela dit, dans mon idée, les Princes sont plutôt fins).

Il se trouve donc que je suis retourné en Norvège en aout dernier pour l’anniversaire de mariage d’amis très chers. Occasion pour moi de faire un break avec le sieur Pasquier. C’est là que j’ai redécouvert le charme de la boule de pain. De retour en France, je me mettais donc en quête du boulanger qui saurait si bien retranscrire cette saveur que je voulais retrouver au petit déjeuner. C’est ainsi que j’ai découvert le pain bûcheron (ironique quand on sait que c’est un séjour dans la forêt qui m’a mis en appétit). Composé de farine de blé, de seigle, de blé malté, de graines de tournesol, de lin, de soja, de sésame et de gluten de blé, il me semblait tout à fait sain et ça n’est pas la dose de matières grasses que je mettrais dessus qui y changerait quoi que ce soit, même en y ajoutant ma dose de lait chocolaté quotidienne et le verre de jus d’orange qui va avec. 

Faisant partie de ces gens qui sont restés coincés avec leur néophobie infantile, j’ai beaucoup de mal à m’alimenter durant la journée, ce qui explique que je préfère travailler de chez moi, endroit où je suis certain que ma crise d’hypoglycémie ne fera pas trop de dégâts (dans un 17m2, il y a une chance sur trois que je tombe à la renverse sur mon lit double qui prend à lui seul un tiers de l’appartement déjà pas bien grand). Donc, pour moi, si je suis contraint à sortir pour travailler, comme il semble que ce soit le cas pour au moins les trois prochaines années, si je dois tenir neuf heures avec seulement un petit déjeuner dans le ventre, il vaut mieux qu’il soit de haute qualité.

Ce qui me ramène à mes cours, l’apprentissage des langues étant un catalyseur de céphalées assez brutal chez moi, ma mauvaise alimentation n’arrangeant rien à l’affaire. Je commençais donc par un premier cours d’islandais, occasion pour moi de me plonger dans le grand bain de l’exotisme lexical des scandinaves à base de « Vaðlaheiðarvegavinnuverkfærageymsluskúraútidyralyklakippuhringur », soit le mot le plus long de ladite langue si j’en crois le blog europeisnotdead.com (qui, si vous voulez mon avis, ferait un bon nom pour un groupe de bloqueurs de frontières).

Et si je peux placer la même confiance en mes professeurs, je vais très probablement me sentir bien seul dans l’antichambre de mon premier entretien d’embauche post-diplôme dans la mesure où seuls 300.000 personnes sur terre parlent l’Islandais. Autant dire que d’ici trois ans, il est probable que je sois la planche de salut d’un Islandophone réveillé un beau matin dans une baignoire pleine de glace dans un vieil hôtel miteux avec vue sur Gare du Nord. 

Cela dit, il est assez peu probable que je rencontre un islandais à Paris. Il est d’ailleurs hautement plus improbable que ce dernier ait la malchance de tomber dans un trafic d’organes. Il n’en sera pas de même pour les norvégiens qui sont un peu plus nombreux. De toutes manières, islandais comme norvégiens étant parfaitement bilingues, ce que je dis n’a aucun sens. Ce qui m’amène à conclure cette deuxième chronique en vous souhaitant une agréable semaine qui, je l’espère sera toute aussi riche et enrichissante que la mienne. Gardez le sourire et à mercredi prochain !

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