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LA SCANDINAVIE, DE LA GLACE ET JOKER (CHRONIQUE #3)

NDSRDLR* : Ayant été malade comme un chien au point d’avoir hérité du doux sobriquet de Mon Vieux Pataud, je me suis permis de m’accorder une journée de plus pour achever cette chronique.

Et voilà, deux premières semaine de cours achevées dans la plus pure tradition des rentrées couronnées de succès. C’était fort inattendu, je dois dire. Car lorsque j’ai choisi, en désespoir de cause, de tenter un coup de poker avec le destin en rejoignant les études nordiques, il me semble que je n’y croyais qu’à moitié, tant l’idée que je puisse tirer une gratification personnelle de l’apprentissage des langues en milieu universitaire me semblait saugrenue, et ce malgré tout l’amour que je peux avoir pour la scandinavie et plus particulièrement pour la Norvège, ses paysages, sa culture du deux de tension et du « chacun ses germes et ses problèmes ».

Qui plus est, le fait que cette rentrée en première année soit en fait la quatrième n’avait rien pour me rassurer. Durant trois années de suite, j’avais essayé de m’intégrer dans la fac d’histoire de Paris I Panthéon-Sorbonne. À grand mal, c’est peu de le dire, mon record de longévité universitaire étant de cinq jours. Profs antipathiques, cours rasoirs, locaux en ruines, atmosphère malsaine, voire sectaire, et surtout beaucoup trop de gens et de bruit. Ça ne pouvait pas marcher.

J’imagine d’ailleurs que le Centre Malesherbes dans lequel je me trouve est la très rare exception à la règle d’antipathisme qui semble régir le système universitaire français. Si j’en crois un article paru dans Le Progrès – qui, visiblement, donne raison aux reproches que j’ai pu faire à ce système par le passé – on en serait quasiment rendus à une sorte de chasse à l’homme qui friserait le rite sacrificiel si les lois n’étaient pas là pour protéger les (rares) pauvres fous qui parviennent à se glisser dans les AG pour faire entendre un son de cloche minoritaire (à droite de l’aile gauche du PS, pour faire simple) au risque de se faire dépecer vivant sur l’autel de la lutte finale.

À cela, je ferai le même reproche (infondé, pour la coup) que notre Très Cher Leader fit à Greta Thunberg il y a quelques jours : l’élevage en batterie d’étudiants en négativité générale (Cette désignation leur donne t-elle tort ? J’en sais rien et j’en ai strictement rien à battre). Voilà pourquoi je ne m’éterniserai pas sur le sujet qui me remet en mémoire les heures les plus sombres de mon histoire qui me reviennent en pleine mouille chaque fois que je me rends au Centre Clignancourt de la Sorbonne pour mes deux heures de langue anglaise hebdomadaires, sorte de centre névralgique de la négativité estudiantine.

J’avoue, même si je ne pensais pas nécessairement à ce combat dans les lignes qui précèdent, que j’ai mangé mes grands morts en apprenant la fonte du plus haut sommet enneigé de Suède, s’ajoutant à la longue liste des glaciers et autres bidules qui caillent et que je ne pourrai probablement jamais voir ailleurs que sur une putain de photo. Vous la sentez, la haine ?

Comment, en effet, ne pas y voir une forme d’égoïsme général lorsque la société toute entière acquiesce à la question « êtes vous prêts à troquer nos plus beaux sommets enneigés contre un plus large choix d’inoculateurs de cancer en sachets dans vos rayons surgelés ? »

Comment ne pas avoir la haine lorsqu’on constate que parisiens, provinciaux et internationaux confondus se branlent la nouille de se taper 37-40 degrés dans le nord de l’Europe à la mi-juin et que certains trouvent même moyen de trouver un avantage pécunier au réchauffement du Groenland, l’un des plus beaux joyaux naturels de notre planète asphyxiée ?

« Ah mais tu comprends, ça va permettre de forer et d’accéder à de nouvelles ressources ! », qu’ils disent (ressources qui nous permettront de polluer et de foutre en l’air la nature encore plus allègrement qu’à l’accoutumée, cela va sans dire).

Allez savoir pourquoi, quand c’est Jean Hugon qui fait ce genre de réflexions sur la responsabilité du système capitaliste dans l’état actuel de notre éco-système, ça me fait froid dans le dos mais quand ça vient de moi, ça me semble d’une logique implacable. Logique renforcée par cette vidéo vue en cours de géographie Nordique où un « agriculteur » Islandais exprimait pourquoi l’abondante exploitation des forêts (avec le sérieux concours des Vikings, d’ailleurs) pouvait expliquer qu’on trouve si peu d’arbres en Islande et à quel point il était compliqué de reforester cette terre à l’heure actuelle même si cela faisait partie des priorités du gouvernement et des pouvoirs publics qui semblent mettre toute leur énergie dans la culture d’arbres en serres pour une plantation abondante d’ici quelques mois voire quelques années.

On constatera d’ailleurs l’implication quasi surnaturelle de gouvernements nordiques pourtant de droite – voire d’extrême droite – dans la réduction de la surexploitation des ressources qui mènent à la destruction de notre patrimoine naturel. Je pense particulièrement au gouvernement Norvégien qui s’est engagé à refuser toute exploitation des ressources rendues accessibles par le réchauffement du nord du pays. Il faut dire que le pays est tellement riche (chaque citoyen norvégien étant millionnaire sur le papier) que cracher sur quelques millions en plus est un luxe qu’Oslo peut facilement se permettre.

Il faudrait donc voir notre refus, à nous Français bien franchouillards, de faire des efforts en matière d’écologie (si seulement c’était suffisant) comme une peur de sombrer à nouveau dans une crise économique qui reviendrait encore une fois à mettre dans la balance notre banqueroute à court terme et notre disparition quasi-certaine d’ici environ un siècle. C’est tellement absurde et égoïste qu’on serait tentés d’abréger les souffrances de l’humanité à grand coup de pierres d’infinité.

Ce qui m’amène, pour conclure cette chronique avec toujours plus de désespoir, à évoquer cette terrible erreur que j’ai commise la semaine dernière en « méprisant de classe » les Cinémas UGC, partant du principe que si avant-première il devait y avoir pour Joker de Todd Phillips, elle serait nécessairement au Grand Rex. C’est ainsi que je me suis lamentablement pris les pieds dans le tapis, payant ma place au prix fort pour une fausse avant-première la veille de la sortie nationale alors que l’authentique première diffusion se faisait cette semaine à l’UGC Normandie (où j’ai une carte illimitée), soit à deux pas de chez moi. J’imagine que c’est ça, le retour de karma qui me pend au nez depuis plusieurs semaines/mois.

Alors quel rapport avec tout ce dont j’ai parlé précédemment ? Je pense que le changement climatique, entre autres symptômes d’une société malade dont la précarité, le manque de reconnaissance sociale et la maladie mentale, est l’une des préoccupations au cœur de ce film que Todd Phillips nous a concocté, prélude à une véritable prise de conscience et à une révolte que semblent craindre certaines associations qui voient dans le film une sublimation de la violence. Cette sortie est assez ironique, d’ailleurs, un an après le début des manifs de Gilets Jaunes.

Sans être un outil de propagande, j’ai le sentiment, à la vue des trailers, qu’on se dirige vers une œuvre à la portée d’un V For Vendetta. Un moyen d’avaler plus facilement la pilule de la nécessité du changement et vers une sorte d’épiphanie populaire qui pourrait si bien être d’une grande utilité qu’un véritable désastre (les Révolutions aussi semblent particulièrement sujettes aux coups de karma, il me semble).

Bien, c’est donc ainsi que je conclus cette chronique un peu bancale. J’espère que ça vous a plu et je vous dis à la semaine prochaine pour de nouvelles aventures passionnantes !

*(Note Du Seul Rédacteur De La Rédaction)

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