ACTUALITÉ, CULTURE, MON ACTU

Halloween s’offre une avant-première mondiale au Grand Rex !

La nouvelle est tombée il y a quelques jours et a été confirmée lors de l’avant-première de la Nonne, le lundi 17 septembre : Halloween de David Gordon Green aura le droit à son avant-première au Grand Rex, à Paris. Mais pas n’importe quelle avant-première puisque cette dernière sera mondiale !

Par Victorien Biet

En effet, c’est avec la plus grande joie que j’ai appris que ce tout nouveau Halloween que nous attendons depuis neuf ans maintenant allait être diffusé pour la première fois, en exclusivité mondiale, à Paris, au Grand-Rex et en Grand Large, s’il vous plait ! Mais si cette nouvelle est déjà une grande joie pour nous-autres petits français qui ne sommes pas habitués à autant de touchantes attentions, la rumeur dit que de nombreuses surprises viendront ponctuer la soirée !

Il me revient d’ailleurs en mémoire la diffusion d’un message de la part des acteurs du film et du King en personne lors de l’avant-première de It, Chapter 1, il y a un an tout juste. Message accompagné d’un poster exclusif offert à tous les spectateurs. Quelles surprises va donc nous préparer l’équipe du Grand-Rex pour ce 1er Octobre ? Le mystère demeure. Pourtant, il est permis de faire quelques suppositions…

S’agissant d’une avant-première mondiale, je peux théoriser avec une quasi certitude que Jamie Lee Curtis sera présente en personne lors de l’Avant-Première ainsi que Jason Blum et l’équipe du film au grand complet. Nick Castle, le Michael Myers original, sera-t-il de la partie ? Le doute est permis. Et si je suis quasiment certain que le poster du Comic-Con San Diego 2018 sera lui aussi distribué aux spectateurs, il n’est pas à exclure que le tueur au couteau de cuisine en personne ne vienne les terroriser durant la projection !

Autant vous dire que j’attends ce lundi 1er octobre avec la plus grand impatience et que j’espère ne pas être déçu par ce film qui aura mis neuf longues années à se matérialiser. Descendu à 79% de critiques positives sur Rotten Tomatoes quelques temps après sa première projection au Toronto International Film Festival, Halloween est depuis remonté à 84%, talonnant le merveilleux It, Chapter 1 (85% de critiques positives), reconnu comme l’un des plus grands succès du cinéma d’horreur de tous les temps. En sera-t-il de même pour le film de David Gordon Green ? Réponse dans une semaine.

ACTUALITÉ, POLITIQUE, SOCIÉTÉ

Les mormons imposent un centre anti-LGBTQ+ en plein cœur du Marais !

Pour celles et ceux qui vivent Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie depuis plus d’une dizaine d’années, la permanence de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est devenue habituelle, presque un symbole de la diversité républicaine et du vivre-ensemble. Les habitants du quartier prenant même un malin plaisir à taquiner les fameux missionnaires cherchant à les convertir. Pourtant, les mormons ont décidé de passer à la vitesse supérieure en cette année 2018. Bas les masques : la permanence devient un centre anti-LGBTQ+.

Par Victorien Biet

Depuis de nombreuses années, la communauté mormone de France est sujette à controverses, que ce soit pour son homophobie (ou, plus épisodiquement, son racisme) ou son très puissant lobbying lui ayant permis, en 2013, d’ouvrir son premier Temple en Ile-De-France au prix de nombreuses nuisances sonores, visuelles et écologiques.


Temple mormon ouvert en 2013 à Le Chesnay (Ile-De-France).

En effet, il est de notoriété publique que les mormons et les homos n’ont jamais fait bon ménage même si l’Église a interdit à ses fidèles de participer aux manifestations contre le Mariage Pour Tous. La haine des homosexuels est telle que ces derniers sont systématiques excommuniés (et donc condamnés à une éternité de purgatoire dans la croyance mormone) s’ils refusent de “changer leurs pratiques” en suivant l’une des fameuses thérapies de conversion. La persécution va même bien plus loin puisqu’elle s’exerce contre les familles des homosexuels qui s’exposent elles aussi à des sanctions, les enfants n’étant pas épargnés.

Les habitants du Marais ne sont d’ailleurs pas en reste puisqu’une permanence a été installée il y a plusieurs années Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie. Pourtant, les missionnaires de l’Église ont rapidement compris qu’ils n’arriveraient pas à leurs fins et il est aujourd’hui très rare de les voir sortir à leurs risques et périls dans ce quartier où les habitants s’amusent régulièrement à les titiller.

La décision a donc été prise, peu de temps après l’arrivée du nouveau prophète de l’Église, Russell M. Nelson (qui bénéficie d’un véritable culte de la personnalité), de transformer l’inutile permanence en centre “d’histoire familiale”. Si la direction du centre prétend, en toute logique, que ce dernier ne sera consacré qu’à la généalogie (les mormons accordant une très grande importance à cette pratique), il est ironique qu’un tel endroit, prônant la “famille traditionnelle”, ouvre entouré par un bar et un restaurant LGBTQ+.

ACTUALITÉ, CULTURE

La Nonne : fraiche ou pas fraiche ?

La saga The Conjuring est un phénomène à part dans l’univers des films d’épouvante. James Wan, le réalisateur des deux opus principaux, a réussi le pari de créer un univers étendu à partir de l’histoire du couple Warren, célèbres démonologues biens réels. Ça n’est pas rien lorsque l’on sait qu’à l’origine, The Conjuring : Les Dossiers Warren ne devait être qu’un one-shot moyen-rentable entre deux Paranormal Activity. Succès critique et commercial, le film est aujourd’hui une référence en matière de cinéma d’horreur et, après une première suite surpassant l’original et deux produits dérivés estampillés « Annabelle », du nom de la fameuse poupée maléfique, c’est au tour de La Nonne, principale antagoniste du second opus de se payer un spin-off. Alors, ça vaux quoi ? J’ai pu assister à l’avant-première française au Grand Rex, je vous dis ça ! 

Par Victorien Biet

La salle est pleine, le public est remonté à bloc, le pop-corn jonche déjà le sol et, après un petit discours d’introduction nous rappelant que le Grand Rex accueillera, chose incroyable, la Première mondiale d’Halloween de David Gordon Green le 1er octobre prochain et que l’on nous réserve une incroyable surprise pour l’occasion, le Grand Large, majestueux, descend sous les applaudissements. Chaque fois, c’est la même émotion et j’en aurais presque une petite larme. Là, je prends pleinement conscience que je suis une vraie petite flippette et que je risque de mourir de terreur, devant un écran aussi grand, le volume poussé à son maximum. Je me rassure en me disant que la sympathique bande de geeks juste derrière moi ne m’en tiendra pas rigueur si je pousse de petits cris ridicules. Après tout, ils ont l’air très rigolo.

Une introduction rondement menée.

Dès les premières minutes, nous prenons pleinement conscience, contrairement à ce qui a pu être fait pour la série Annabelle, que nous sommes face à un film appartenant à l’univers The Conjuring. Tout d’abord avec l’apparition de Vera Farmiga (Lorraine Warren) et Patrick Wilson (Ed Warren) en petit caméo. Mais aussi et surtout avec l’ambiance qui se dégage de la scène d’ouverture lors de laquelle une nonne se suicide inexplicablement. Cette scène, d’un grand potentiel horrifique, renforcée par le retour du démon Valak (déjà vu dans The Conjuring 2), vous marquera sans le moindre doute… mais surement pas autant que la découverte du cadavre de la religieuse dans un sale état, toujours pendu et dévoré par les corbeaux (je vous passe les détails), plusieurs semaines plus tard. Sachez-le : La Nonne ne vous fera pas de cadeaux et, pour la première fois dans la franchise, on n’hésitera pas à abuser des effusions biens gores pour vous faire vomir bien comme il faut.

Visuellement : entre Lovecraft et Coppola.

Nombreux sont ceux qui, en lisant ce sous-titre, doivent s’arracher les cheveux (et désolé à ceux qui, victimes de leur tempérament, ont fait valser leur ordinateur par la fenêtre). La vérité, et c’est absolument évident, c’est que le réalisateur a nécessairement puisé dans l’imaginaire de Coppola pour produire son métrage. Il l’a d’ailleurs avoué lui-même : Dracula a été une véritable influence pour lui. Ça n’est pas peu dire que d’avancer que visuellement, le film tient la route. Et c’est avant tout grâce à son univers sombre et gothique qui me fait tant penser à l’œuvre de Lovecraft. Les longs couloirs obscurs éclairés par des torches aux flammes lancinantes, des lacs souterrains, un vieux cimetière abandonné, une créature sortie des entrailles de la terre pour détruire l’humanité… Tout cela est très réussi et participe justement à ce sentiment d’horreur et d’insécurité permanente. Pour cela au moins, j’ai envie de dire « chapeau l’artiste ». 

Ça, c’est de l’horreur ! 

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce film fait peur. Véritablement. Esprits démoniaques et fantômes du passé hantent les couloirs sans fin de ce vieux couvent où, contrairement à la maison de The Conjuring 2, ils sont définitivement dans leur milieu naturel. Ici, le danger est partout et peut sortir de n’importe quel coin, à n’importe quel moment. Pourtant, il est assez regrettable que le film joue moins sur son aspect horrifique que sur son potentiel à nous faire hurler de terreur à cause d’un screamer bien placé, quitte à gâcher le spectacle et, par la même, le plaisir du spectateur, de temps à autres. 

Un humour parfois gênant…

Si le film est un véritable plaisir à regarder, que l’on soit – ou pas – un froussard, il n’en demeure pas moins qu’un gros problème met en péril tout le travail du réalisateur qui avait pourtant de quoi faire de son œuvre un bon petit métrage bien sympa qu’on a plaisir à voir et à revoir seul ou entre potes pour se filer la pétoche : l’humour. 

L’horreur et la comédie, de manière générale, sont des concepts que l’on peut aisément mixer pourvu que l’on fasse cela intelligemment. Cependant il convient de respecter certaines règles. L’une d’entre elles étant que si l’antagoniste principal (Valak, dans le cas présent), menace muette omniprésente, commence à sortir des punshlines du genre « you will die, frenchman », ça ne va pas du tout. Il en ira de même si l’un des protagonistes se transforme soudainement, à vingt minutes du dénouement, en Rambo pour dégommer du zombie démoniaque à coups de fusil de chasse. Malheureusement, La Nonne fait les deux (et encore, vous ne savez pas tout) et ça n’est pas son background passionnant qui suffiront à réparer ce souillage en règle de l’un des démons les plus malfaisants du cinéma d’horreur.

Des acteurs pas franchement convaincants.

C’est sans réelle surprise que nous apprenons que seuls trois personnage (si l’on oublie les figurants) auront la charge de se débarrasser de l’immonde saloperie qui infeste ce magnifique couvent roumain. Et pour dire la vérité, je n’ai absolument pas été convaincu par la performance de Demián Bichir (Father Burke) qui possède un véritable don pour rendre son personnage antipathique au possible. On aurait même pu se réjouir que son acolyte ne le retrouve pas, enfermé dans son cercueil. Ça n’aurait pas été un grosse perte, d’autant qu’il n’aura de cesse, tout au long du film, de nous démontrer son inutilité. 

Taissa Farmiga (Sister Irene), en revanche, semble à l’aise dans son rôle de novice. Si son personnage ne rend pas hommage à l’intelligence de la femme (c’est peu de le dire), elle remplit son rôle et nous livre une performance classique, sans plus. 

Jonas Bloquet (Frenchie), tout droit sorti d’un boy’s band des années 90, chaud comme un lapin et sauvage comme un fermier roumain (je suppose), accompagne nos deux héros dans leur périple avant de se carapater, terrorisé par le souvenir du cadavre de la religieuse suicidée. Pas franchement utile à l’intrigue, le beau gosse sait être drôle quand il s’en donne la peine et révèlera, dans un twist plutôt inattendu, la véritable raison de sa présence dans le film lors des cinq dernières minutes (c’est pas nécessairement une bonne chose)…

Une conclusion parfaite !

Et justement, quel twist ! J’ai pu lire, depuis quelques semaines, quelques articles questionnant la timeline de la saga et la manière dont nous pouvions classer les différents épisodes (juste histoire de ne pas être trop perdus). Le fait est que La Nonne, de par sa conclusion qui explique tout, nous livre un éclaircissement inattendu et pour le moins satisfaisant qui permet au personnage de Frenchie de devenir absolument indispensable à la suite des évènements se déroulant dans les deux épisodes principaux. Si la franchise continue dans cette voie et développe encore un peu plus son univers étendu, il est fort possible que nous arrivions à une construction pour le moins sympathique. J’attends avec impatience des nouvelles du spin-off sur l’Homme Tordu dont on dit qu’il est pour l’heure en stand-by. Le développement de ce personnage, pourquoi pas dans un film d’animation ou dans un univers légendaire, pourrait être très intéressant !

ACTUALITÉ, CULTURE, MON ACTU

Parcours Horrifique 2018 : le compte à rebours est lancé.

Amis fans d’épouvante, cette année 2018 va vous combler ! Comme tous les ans, vous-vous ruez sur les cinémas à compter de la mi-Septembre pour profiter pleinement de ce que les studios hollywoodiens ont pu vous concocter et que vous attendez parfois depuis plusieurs années. Bien-entendu, il peut arriver que vous-vous retrouviez avec un vieil Annabelle pas frais mais vous-vous en contentez car vous n’aurez rien d’autre et puis c’est tout. Fort heureusement, cette fin d’année sera fort différente des précédentes et annonce du très lourd ! Sortez le pop-corn et préparez-vous à trembler !

Par Victorien Biet

En ce qui me concerne, entre moi et les films d’épouvante et d’horreur, c’est une véritable histoire d’amour qui remonte à l’enfance, époque divine où mater Scream 2 était à peu près aussi agréable que de devoir me taper en intégralité la version non-censurée de Philosophy of a Knife. Autant vous dire que je me frotte les mains d’avance en imaginant les bonnes surprises que nous réserve cette fin d’année ! C’est parti pour mon Parcours Horrifique 2018 !

La Nonne de Corin Hardy.

Pour être parfaitement honnête, je n’attends pas grand chose de ce nouvel épisode de l’univers étendu Conjuring. Les deux films principaux étaient excellents, notamment grâce à l’histoire partiellement vraie du couple Warren, totalement absent de la franchise Annabelle qui, elle, ouvrait la lignée des spin-off qui n’apportent rien de bon à la franchise. Pourtant, je garde espoir que le personnage de Valak (la nonne, donc), que nous avions pu découvrir dans Conjuring 2 et que je trouvais véritablement brillant, permette au réalisateur de ce tout nouveau métrage d’emmener l’univers étendu dans une nouvelle direction plus reluisante.

Je suis plutôt heureux, en vérité, que l’histoire de La Nonne se déroule dans le passé et dans un cadre inconnu véritablement malaisant. Cela, à mon sens, donne plus de crédibilité à l’entité démoniaque, petite saloperie au demeurant, qui y est toute à sa place et saura parfaitement nous faire frissonner si le réalisateur et les scénariste savent habilement tirer les ficelles de cette trame bête comme chou pré-machée par James Wan, réalisateur des deux films principaux.

La vérité, c’est qu’on ne sait pas grand chose de ce film, à quelques jours de sa sortie et que, même si la presse semble d’ores et déjà se montrer très critique à son encontre. De fait, il semble aussi que les spectateurs américains, qui ont pu découvrir le film le 6 septembre dernier, l’aient fortement apprécié jusqu’à en faire l’un des épisodes les plus rentables de la franchise Conjuring et peut-être même de toutes les licences horrifiques confondues. Je me rendrai donc, lundi 17 septembre, au Grand Rex pour assister à la première du film en Grand Large. J’espère ne pas être déçu et, malgré ce que je veux bien admettre, je garde une petite lueur d’espoir pour que le produit final ne soit pas trop mauvais !

Halloween de David Gordon Green.

Presque dix ans, qu’on l’attend, celui-ci ! Voire plus, pour ceux que la simple évocation des remakes-suites de Rob Zombie fait vomir. Autant dire qu’après si longtemps, David Gordon Green, le nouveau “Monsieur Halloween” a intérêt à nous livrer de la bonne par paquets de douze. D’ailleurs, à en croire les premières critiques tombées directement après l’avant-première US du film, ce nouvel opus qui fait table rase de tout ce que nous connaissions après la version originale de John Carpenter est vraiment bon. De plus, si la critique est véritablement élogieuse à ce stade (83% de critiques positives sur Rotten Tomatoes), les prévisions promettent d’ores et déjà au film d’intégrer le panthéon des divertissements d’épouvante les plus rentables de tous les temps.

Il est assez difficile de dire avec exactitude ce que l’on peut attendre d’un film comme le Halloween de David Gordon Green. Effacer l’histoire des huit suites plus ou moins bonnes (mais nécessairement cultes) était un pari risqué. On aurait pu légitimement penser que le réalisateur aurait au moins préservé l’héritage du second opus porté à l’écran par Rick Rosenthal. Pourtant, il n’en n’est rien et, à la réflexion, ça n’est peut-être pas plus mal si l’idée est véritablement de faire repartir la franchise sur de bons rails (une suite étant inévitable, le légendaire Jason Blum ayant assuré qu’il produirait des suites aussi longtemps que la franchise serait rentable pour le studio Blumhouse). Le projet n’est pas sans nous rappeler le populaire “Halloween : 20 ans après” qui, sans avoir déchainé les foules, avait fait un grand plaisir aux fans de la saga qui, aujourd’hui, tout comme moi, voient dans ce nouvel épisode un “Halloween : 40 ans après” et ça fait vraiment baver.

Très impressionné par les trois bandes-annonces et les premiers retours, je dois dire que j’attends avec grande impatience la sortie française de ce nouvel Halloween. D’ailleurs, je n’aurai pas à attendre très longtemps puisque j’aurai le privilège (et je n’en reviens toujours pas moi-même) de voir le film en avant-première au Grand Rex le 1er octobre prochain, soit un mois avant la sortie officielle. Heureusement, d’ailleurs, car en bon fanboy, je me demande comment j’aurais fait pour tenir jusqu’au 24 octobre prochain, date de sortie française.

Suspiria de Luca Guadagnino.

En voilà un que j’attends au tournant… tout autant que les deux précédents, d’ailleurs. Car, en vérité, tout comme La Nonne et Halloween, Suspiria est une véritable énigme. Le film, dont on pourrait penser qu’il s’agit d’un remake du film de Dario Argento est en fait une réimagination de l’œuvre qui inspira le métrage original : Suspiria de Profundis de Thomas De Quincey. Une fois encore, donc, le choix est fait de faire table rase de l’œuvre originale et d’aller plus loin dans l’horreur aux côtés de la nouvelle interprète du rôle de Susie Bannion, Dakota Johnson (oui, on sait tous à quoi vous pensez).

Scotché par l’œuvre originale qui avait su me mettre mal à l’aise sans pour autant véritablement m’éblouir (le film ayant plutôt mal vieilli), je suis très curieux de savoir ce que Luca Guadagnino va bien pouvoir faire de ce film. D’autant qu’il nous a déjà fait rêver avec son Call Me By Your Name et que ce Suspiria est renforcé par un casting au poil (je pense surtout à Tilda Swinton dont on murmure qu’elle pourrait jouer deux rôles bien distincts). Pour le coup, nous ne disposons pour l’heure que de trop peu d’indices pour pouvoir en dire quoi que ce soit mais les premières retombées, comme l’on pouvait s’y attendre, sont globalement très positives.

Malheureusement, pas encore d’avant-première prévue en France mais, si tout se passe bien, je vous prie de croire que je serai bel et bien au rendez-vous, fidèle à moi-même, pour découvrir ce tout nouveau Suspiria, une nouvelle fois au Grand Rex (allez, je croise les doigts même si, en vérité, c’est plus que très probable). Cette année, ce sera donc un carton plein pour le cinéma d’horreur avec trois films très attendus et dont au moins deux promettent d’assez bons résultats critiques. À se demander s’il n’y aurait pas un peu de sorcellerie là-dessous.

SOCIÉTÉ

Nous, néophobes non-traités.

Depuis de très nombreuses années, soit une bonne quinzaine, je n’arrivais pas à m’ôter de la tête cette idée selon laquelle ma répugnance (voire pire) pour tout ce qui sortait de mon cadre alimentaire très peu équilibré était un cas unique au monde et que, fort malheureusement, j’étais incurable car seule victime de cette maladie qu’est la néophobie que nous possédons pourtant tous à différents degrés. De fait, depuis l’enfance, mon côté caractériel a rapidement eu raison de la volonté de ma mère et donc de la composition voulue saine et diététique de mes repas. Jamais habitué à la diversité, je me suis rapidement enfermé, sans progresser, dans une attitude hautement problématique pour moi et mon équilibre physique et psychologique. Je vous raconte. 

Par Victorien Biet.

Pas facile de manger des légumes, quand on est tout petit. Pour certains, comme moi, c’était même un véritable défi. Quelque-chose d’insurmontable. Ça l’est d’ailleurs toujours aujourd’hui. Le voilà, le problème. D’ailleurs, je me permet d’insister sur ce point pour les parents qui pourraient me lire : ne laissez pas votre enfant prendre de mauvaises habitudes alimentaires. Le goût de votre bambin se travaille et s’il n’est pas titillé régulièrement par la nouveauté, il va se rabougrir et votre progéniture vous le reprochera toute sa vie.

La Néophobie non-traitée, un handicap social.  

De fait, je n’ai jamais trouvé le moyen de remédier à ce véritable handicap. Et si je parle de « handicap », ça n’est pas par provocation, au contraire. Il est avéré que l’alimentation revêt une importance capitale dans la socialisation. Imaginez donc ce que cela peut représenter pour un enfant, de devoir subir chaque jour, durant des années de cantine scolaire, ce même blocage (quitte à se faire punir quotidiennement) et, une fois arrivé à l’âge adulte, de devoir se justifier en permanence de ne pas vouloir déjeuner avec ses collègues de bureau ou de ne calmer sa faim qu’avec des aliments à base de pommes de terre frites, de bonbons ou de gâteaux. Le handicap est quotidien et le traumatisme est bien réel. D’autant que cette maladie (qui n’est pas incurable, je le souligne) est fort méconnue et qu’elle peut ressembler, dans l’esprit de personnes mal-lunées, à un caprice d’enfant gâté. 

À cela vient s’ajouter un problème très grave et absolument dramatique sur le plan psychologique (voire psychiatrique, sur le long terme) : celui de la honte qui conduit à l’isolement social. En effet, comment ne pas avoir honte, passé 18 ans, d’imposer à vos amis de sortir au restaurant dans un lieu que vous avez spécialement choisi et où vous pourrez commander ce qu’il vous convient ? Peut-être avaient-ils envie de sushis, idée qui vous répugne au plus haut point ? Comment pouvez-vous leur imposer cela ?  De ce fait, vous faites le choix de ne plus sortir avec vos amis. Vous-vous isolez et vous-vous enfermez dans votre phobie. Dépression, solitude, suicide… Les conséquences peuvent être dramatiques.

Comment vivre avec.

J’ai longtemps pensé que la seule considération que je devais avoir était celle de mon poids. Imaginez donc ma surprise lorsque j’ai appris que « mauvaise alimentation » et donc « carences » rimait avec « perte de cheveux » et « problèmes de peau ». Sans compter les conséquences qu’entraine une alimentation trop riche en graisses. Imaginez donc mon horreur lorsque j’ai appris que les grands buveurs n’avaient pas le monopole des maladies de foie et que, faute je changement radical, j’allais probablement mourir d’ici quelques années de la « maladie du soda » récemment contractée par Pierre Ménès. Oui, on me dit toujours que je suis un peu excessif mais mieux vaux prévenir que guérir (d’autant que je suis un peu hypocondriaque, aussi).

Vivre avec cette phobie, n’est donc pas chose aisée et, si la vôtre se focalise essentiellement sur les aliments sains – comme la mienne -, alors pas de chance pour vous mais il va falloir redoubler d’efforts. Puisqu’il n’existe pas de solution miracle et que la seule méthode, que je vous détaille ci-après, demande énormément de motivation et un travail sur soi considérable, alors il va vous falloir tricher et compenser. Sachez-le : vivre avec, c’est le bagne et je ne le souhaite à personne. Pourtant, il est possible de pallier ce gros problème en évitant les excès, en ayant une activité physique régulière (au moins 12 kilomètres de marche rapide par jour, me concernant) et en pratiquant le jeun. De même, les compléments alimentaires (je pense surtout aux vitamines B) peuvent s’avérer très efficaces pour garder la forme !

Quelques pistes pour s’en sortir.

Le plus gros problème – à mon sens – du néophobe est le fait que, la plupart du temps, cet individu n’a personne à qui confier son problème sans être catalogué comme une personne “difficile” ou carrément “capricieuse”. De fait, comme pour tout problème d’ordre psychologique, il est essentiel de libérer la parole. En parler ne le résoudra pas mais vous permettra de mettre des mots sur vos angoisses et donc de mieux les comprendre. Je connais, personnellement, les causes de mon handicap et je me sens bien mieux armé ainsi, maintenant que je sais qu’il va me falloir effectuer un travail sur moi-même pour évoluer.

Si vous effectuez quelques recherches sur le net concernant cette phobie, vous tomberez sans doute sur de nombreux “spécialistes” vous conseillant d’effectuer une thérapie comportementale, tenez-vous bien, dans leur propre cabinet. Comme vous-vous en doutez, il est très peu probable qu’un tel traitement puisse fonctionner, à moins que le thérapeute ne sache vous anesthésier les papilles gustatives chaque fois que vous devez avaler un chou de Bruxelles. Le seul conseil, qu’il me faudra très bientôt appliquer à moi-même, que je pourrais vous donner – et que la majorité de ceux qui s’en sont sorti donnent à leurs congénères – est de vous préparer psychologiquement et de gouter de nouveaux aliments en très petites quantités. Amusez-vous et préparez vos propres petites recettes, des choses qui font plaisir à regarder et qui donnent envie d’être avalées. Dites-vous que ce sera un très long travail et que vous n’apprivoiserez pas votre palais en un repas. Apprenez simplement à gagner du terrain, progressivement, en goutant de nouvelles choses et, surtout, en vous faisant plaisir. L’idée n’est pas de vous faire dégobiller votre déjeuner sur votre plus beau tapis à cause d’une cuillère de petits pois (oui, c’est du vécu).

ACTUALITÉ, CULTURE

Faites Entrer l’Accusé, c’est terminé !

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Depuis plusieurs semaines, le nouvelle se faisait pressentir mais personne n’osait croire que France Télévision se déciderait finalement à mettre un terme, un an avant son vingtième anniversaire, à l’une des émissions les plus appréciées du service public mais aussi, peut-être l’un des derniers bastions de la télévision de qualité réalisée par des journalistes passionnés et engagés. C’est la fin de Faites Entrer l’Accusé.

Par Victorien Biet

Cette émission de télévision n’était pas comme toutes les autres. Pour certains, il s’agissait même d’une histoire d’enfance, une histoire de frisson, une émission que l’on écoutait en secret derrière la porte entrebâillée de la chambre à coucher. Reprise depuis le départ fracassant de Christophe Hondelatte par Frédérique Lantieri, l’émission était devenue, au fil des ans, un véritable succès populaire, traduisant le gout des français pour les affaires criminelles. Réalisant, en 2018, sa meilleure saison depuis 2015 en réunissant jusqu’à 1.534.000 spectateurs, c’est avec étonnement que nous avons appris que la dix-neuvième saison de Faites Entrer l’Accusé, dont on imagine qu’elle sortira en 2019, serait la dernière.

Mais l’émission n’est pas annulée à proprement parler, France Télévision se réservant l’opportunité de la faire renaître un jour ou l’autre… La vérité, est que le groupe n’a pour l’instant tout simplement pas commandés d’épisodes supplémentaires. Pour quelle raison ? Personne ne le sait. Même Caroline Got, directrice des programmes, visiblement très gênée par l’ampleur de la polémique, ne semble pas savoir comment justifier cet arrêt brutal hormis par la volonté de la chaîne de “privilégier le cinéma”. Explication peu convaincante qui poussa, quelques heures plus tard, la direction à démentir la nouvelle.

Rien d’officiel, donc, et le doute subsiste. Pourtant, il ne reste que peu d’espoir pour la célèbre émission et les dizaines de pétitions réclamant son maintient ne semblent pas émouvoir France Télévision qui se refuse, pour l’heure, à communiquer. La séance est levée… pour le moment.

CULTURE, MON ACTU

Les Aventures de Laink et Terracid : savoureux goodies.

C’est aujourd’hui qu’est sorti le premier album des Aventures de Laink et Terracid. Reçu hier en précommande, j’ai pu le lire dans la nuit et autant dire que, si mon impression finale reste mitigée, nous avons affaire ici à un ouvrage bien sympathique qui ne vous laissera pas indifférent. 

Par Victorien BIET

Imaginez ma joie, moi qui suis un fan inconditionnel des vidéos de Wankil Studio, lorsque j’ai découvert, en exclu Day -1, la BD des Aventures de Laink et Terracid dans ma boite aux lettres ! Depuis le début, j’attendais de pouvoir me poiler allègrement dans des endroits incongrus (laissez votre imagination opérer) de l’humour absurdement désopilant de mes deux Youtubeurs préférés. C’est chose faite. Enfin, presque…

Des aventures pas franchement drôles…

Car si mon âme de fanboy m’a conduit à me réjouir à la vue de la magnifique couverture à l’image de mes deux héros ainsi que de la double d’ouverture regroupant l’intégralité (j’imagine) des “Wankuls” existants, forcé de constater que cette bande-dessinée tient plus du goodies que de l’incommensurable ambition de révolutionner l’humour. J’en veux pour preuve : ceux qui me font habituellement rire à gorge déployée n’ont pas su m’arracher le moindre sourire tout au long des 48 pages que j’aurai plaisir à exposer dans ma bibliothèque mais certainement pas à relire.

Visuellement correct. Sans plus.

Voilà pour le fond. En ce qui concerne la forme, je n’ai pas grand chose à redire. L’illustratrice s’est fait plaisir tout en respectant l’univers de Laink et Terracid. Seulement voilà, il vous faudra par moments plisser les yeux pour parvenir à réprimer un “mon dieu, comment en est-on arrivé là ?” Il est vrai que, même si l’univers est globalement plutôt bien respecté, certains dessins laissent à désirer et il pourra vous arriver de trouver ici et là quelques vignettes légèrement pixelisées. Laink ne pourra pas mettre ça sur le dos de son daltonisme, pour le coup.

Une BD de qualité moyenne… mais pas trop chère. 

Malgré tout, l’on sent que les deux Youtubeurs ont tenu à réaliser ce projet parce-qu’il leur tenait à cœur et non pas pour l’argent. Les précommandes étant complètement full, ça ne changera rien, de toutes manières. Pour la modique somme de 10,95€, vous pourrez donc vous procurer cette BD sans trop y regarder. Elle saura vous faire patienter dans la salle d’attente de votre médecin généraliste mais je vous déconseille de lui consacrer une après-midi ensoleillée.

Finalement, ça donne quoi ? 

Globalement de bonne facture, Les Aventures de Laink et Terracid est un ouvrage sympathique… Sans plus. Pas vraiment décevant mais surement pas révolutionnaire, il fait partie de ces petites choses dont nous aurions pu nous passer mais qui, au final, rendent plutôt bien sur une étagère.

+ D’INFOS :
Commander sur FNAC.com.