ACTUALITÉ, POLITIQUE, SOCIÉTÉ

Les mormons imposent un centre anti-LGBTQ+ en plein cœur du Marais !

Pour celles et ceux qui vivent Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie depuis plus d’une dizaine d’années, la permanence de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est devenue habituelle, presque un symbole de la diversité républicaine et du vivre-ensemble. Les habitants du quartier prenant même un malin plaisir à taquiner les fameux missionnaires cherchant à les convertir. Pourtant, les mormons ont décidé de passer à la vitesse supérieure en cette année 2018. Bas les masques : la permanence devient un centre anti-LGBTQ+.

Par Victorien Biet

Depuis de nombreuses années, la communauté mormone de France est sujette à controverses, que ce soit pour son homophobie (ou, plus épisodiquement, son racisme) ou son très puissant lobbying lui ayant permis, en 2013, d’ouvrir son premier Temple en Ile-De-France au prix de nombreuses nuisances sonores, visuelles et écologiques.


Temple mormon ouvert en 2013 à Le Chesnay (Ile-De-France).

En effet, il est de notoriété publique que les mormons et les homos n’ont jamais fait bon ménage même si l’Église a interdit à ses fidèles de participer aux manifestations contre le Mariage Pour Tous. La haine des homosexuels est telle que ces derniers sont systématiques excommuniés (et donc condamnés à une éternité de purgatoire dans la croyance mormone) s’ils refusent de “changer leurs pratiques” en suivant l’une des fameuses thérapies de conversion. La persécution va même bien plus loin puisqu’elle s’exerce contre les familles des homosexuels qui s’exposent elles aussi à des sanctions, les enfants n’étant pas épargnés.

Les habitants du Marais ne sont d’ailleurs pas en reste puisqu’une permanence a été installée il y a plusieurs années Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie. Pourtant, les missionnaires de l’Église ont rapidement compris qu’ils n’arriveraient pas à leurs fins et il est aujourd’hui très rare de les voir sortir à leurs risques et périls dans ce quartier où les habitants s’amusent régulièrement à les titiller.

La décision a donc été prise, peu de temps après l’arrivée du nouveau prophète de l’Église, Russell M. Nelson (qui bénéficie d’un véritable culte de la personnalité), de transformer l’inutile permanence en centre “d’histoire familiale”. Si la direction du centre prétend, en toute logique, que ce dernier ne sera consacré qu’à la généalogie (les mormons accordant une très grande importance à cette pratique), il est ironique qu’un tel endroit, prônant la “famille traditionnelle”, ouvre entouré par un bar et un restaurant LGBTQ+.

ACTUALITÉ, MON ACTU, POLITIQUE, SOCIÉTÉ

Alice Nkom au sujet de la situation des LGBT au Cameroun.

Au Cameroun, les LGBT subissent les conséquences de l’article 347-1 du Code Pénal, punissant l’homosexualité de six mois à cinq ans de prison et de 20.000 à 200.000 Francs d’amende. De plus, pour une majorité de Camerounais, l’homosexualité a été “apportée” au Cameroun par les blancs, rejoignant sur bien des points le discours néo-conservateur des pays Est-Européens sur “l’impérialisme gay” occidental. Il est aussi pertinent d’ajouter que le nouvel intellectualisme de gauche, fondamentalement pan-africaniste, cherche à importer cette idéologie en France. Une tentative de conférence par des étudiants grévistes fut notamment avortée durant l’occupation de Tolbiac.

C’est contre cette dynamique que Alice Nkom se bat depuis de nombreuses années en tant qu’avocate. Son objectif premier est la dépénalisation universelle de l’homosexualité et plus largement l’éveil des consciences pour enrayer l’homophobie. C’est aussi un combat pour l’accès à l’information car les homosexuels non-Européens, sont empêchés par les forces de l’ordre et les Gouvernements d’accéder aux renseignements qui leur permettront de s’assumer, de militer ou encore d’assurer leur sécurité et de se protéger contre le SIDA, véritable fléau en Afrique.

Nous avons pu la rencontrer pour recueillir son témoignage. Qui est-elle ? Quel est son combat ? Quelle est la situation des LGBT au Cameroun ? Rencontre avec cet incroyable personnage considéré comme l’une des dix personnalités les plus influentes du Cameroun.

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Remise du prix IDAHO à Mounir Baatour et Alice Nkom à l’Assemblée Nationale.

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Depuis de nombreuses années, Mounir Baatour et Alice Nkom se battent pour les droits des LGBT dans leur pays : la Tunisie et le Cameroun. Tous les deux avocats, ils ont chacun permis de faire avancer les choses et c’est notamment grâce à Monsieur Baatour que l’Association Shams arrive à survivre dans un pays à la législation homophobe où les tests annaux sont encore perpétrés malgré une condamnation de l’ONU.

C’est lors d’une réunion à l’Assemblée Nationale où nous étions présents que leur a été remis le prix IDAHO pour récompenser leur engagement. Durant cette séance où les députés Laurence Vanceunebrock-Mialon (2éme Circonscription de l’Allier), Yannick Kerlogot (4ème Circonscription des Côtes d’Armor), Annie Chapelier (4ème Circonscription du Gard) et Raphael Gerard (4ème Circonscription de Charente-Maritime) étaient présents, Garçon Magazine a pu assister aux témoignages poignants des deux lauréats que nous vous proposons de découvrir.

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