MON ACTU, POLITIQUE, SOCIÉTÉ

POURQUOI J’AI DU MAL À DORMIR LA NUIT (CHRONIQUE #4)

Allez savoir pourquoi, j’ai énormément de mal à dormir en ce moment. Pourtant, qu’on se le dise, je n’ai absolument aucune raison de ne pas dormir. Au contraire : quasiment tout va bien dans ma vie, je ne suis pas dans le plus profond des mals comme ça a pu être le cas auparavant et je me paye même le luxe d’étudier dans un cursus qui me plaît. Alors quoi ? Qu’est-ce que cette chose qui me fait veiller, dans mon lit, jusqu’à deux heures du matin et me réveiller complètement desséché vers quatre heures pour ne pas me rendormir avant cinq heures alors que je dois me réveiller une heure et demi plus tard ? 

Je pense, je pense, je pense tout le temps. Je pense au passé, je pense au malheur, je pense à tous ces gens qui vivent en meute alors que je vis seul. C’est frustrant, n’est-ce pas ? D’avoir pour idéal ce qui est justement le propre de l’idéal : la fiction. Ça a toujours été ainsi et les présages m’indiquent que ce sera toujours ainsi, jusqu’au dernier jour. Parce-que je suis un inadapté social. Je fais rire les gens un quart de seconde puis je me retire dans le boudoir. On me câline, on me bichonne, on me dit que tout va bien aller mais ces moments ont une fin. Et c’en est chaque fois plus douloureux.

Alors est-ce d’un corps, que je manque ? Que je me demande, allongé dans mon lit défait, le regard posé sur le filet anti-pigeons tendu sous mes fenêtres, dernier bastion de la tranquillité grabataire de mes voisins du dessous face à ces nobles volatile de la famille des columbidae (merci Wikipédia) qui, par conséquent, sont bien aise de venir chier sur mon balcon.

Non, je ne pense pas que ce soit d’un corps que je manque. Quand bien-même l’esprit est-il déjà de trop dans mon idéal même si je sais que je ne pourrais me résoudre à vivre avec un homme, une femme, un.e non-binaire, un.e trans ou n’importe-qui d’autre si cette personne était dépourvue d’un cerveau (d’abord parce-que scientifiquement, ce serait de la nécrophilie). Pour autant, l’esprit reste de trop. Que dis-je, « l’esprit » ? La conscience ! Il me faudrait alors me justifier en permanence, m’expliquer, m’excuser. Me justifier de ressembler à ça, expliquer mes lectures et ce en quoi je crois, m’excuser d’être moi. Non pas qu’on me demande tout cela. Je suis l’obligé perpétuel de la bienséance et de l’honnêteté même si la vérité n’aura pas la même saveur si on la cuisine au sel et au poivre ou au paprika et au cumin. C’est ainsi pour moi comme pour tout imposteur ou toute personne persuadée pour Dieu sait quelle raison qu’elle est un imposteur. 

Comme si ne pas évoquer cette après-midi d’été durant laquelle mon père avait pissé contre un arbre dans la forêt et où je m’étais efforcé de me retenir car je ne voulais pas ressembler à ça, c’était déjà mentir un peu. Déjà, je voulais tuer le père. Et ne pas le dire, ne pas en faire mention, tout comme ne pas faire le listing complet des 500 bouquins de ma bibliothèques pour éviter les mauvaises surprises, c’est prendre le risque de mentir par omission, c’est prendre le risque d’en parler un jour et de s’apercevoir qu’aucun de nous deux ne connaît véritablement l’autre.

Ce besoin constant d’expliquer, de rationaliser, de mettre à plat, pour assurer une compréhension mutuelle, impossible à 100% si j’en crois mes cours de linguistiques, c’est ce qui me pourrit l’existence car, puisqu’il est impossible de tout rationaliser et de faire accepter à tout le monde qu’il existe une vérité et que c’est celle-ci, alors j’y pense, j’y pense et j’y repense encore et la douleur que je ressens est d’autant plus intense, renforcée sans cesse par un sentiment d’injustice qui m’envahit chaque fois que je suis enfermé dans une case alors que mes opinions sont l’antithèse du concept d’absolu. 

Ça me rappelle justement cette phrase qu’on m’avait dite au collège et qui n’est jamais sortie de ma mémoire. Cette punchline philosophique qui s’ignorait et qui hante encore mes nuits, à l’âge canonique de 21 ans. « Tu imagines, si tu étais lui ? » avait demandé l’un de mes petits camarades à son voisin de bureau à mon propos. Peut-être ne pensait-il pas à mal ? Peut-être ne faisait-il que me plaindre en compatissant aux humiliations que je subissais au quotidien ? Pensez-vous. Et pourtant, il avait raison. Du plus profond de sa bêtise, il avait raison. Car personne ne peut s’imaginer ce que c’est que d’être moi. 

Et si personne ne peut s’imaginer ce que c’est que d’être moi, c’est parce-que personne, pas même moi qui évoque ce problème, n’est capable de transposer, de se projeter. Ça n’est pas dans notre culture que de rentrer dans la tête des autres pour ressentir ce qu’ils ressentent. Chacun sa merde et si tu as des soucis, si tu te sens mal, c’est de ta faute ou alors c’est que tu es trop sensible. Après tout, la vie n’est-elle pas par nature imbuvable ? Et si tu es incapable de la boire avec son amertume sans ta dose de sucre, alors tu peux tout aussi bien crever parce-qu’y vivre est par essence illusoire. 

Insensible, je l’étais aussi. J’ai souvent considéré certains problèmes propres à d’autres personnes ou à d’autres communautés comme de peu d’intérêt, futiles, exagérés. J’ai souvent dit que hurler était inutile. J’ai pensé que protester n’avait pas d’intérêt car, pour le moi du passé, tout combat sur la place publique est un peu le voisin bourré dans la grande cage d’escalier de la vie à deux heures du matin un dimanche soir. Peut-être est-ce ça. Ou peut-être est ce remontage de bretelles qui, après une énième protestation contre ce jeu qui consistait à m’accuser de tous les maux dans la cour de récréation lorsque j’étais tout petit, acheva de me convaincre qu’il n’y avait pas de justice parce-que, dans la réalité, ça ne sont ni les gentils ni les méchants qui gagnent. Ce sont les plus nombreux et je n’en fais pas partie.

« Lorsqu’on t’envoie dans mon bureau, me disait la directrice d’école, même si ça n’est pas toi qui est en faute, tu dois encaisser et arrêter de toujours contester. Parce-qu’ici c’est moi qui dis qui a raison. »

Depuis ce jour-là, j’ai arrêté de me plaindre, il me semble. Et je crois que je suis devenu un peu dingue. Comment ne pas l’être ? J’en suis même venu à penser que je faisais effectivement tout ce qu’on me reprochait. J’en arrivais à penser que j’avais peut-être un problème et que je ne me rendais pas compte des bêtises que je commettais. Il faut dire, d’ailleurs, que certaines, frôlaient parfois l’absurde. Comme ce jour où un gros petit garçon a frappé de toutes ses forces dans une vitre de l’école pour la casser, juste parce-qu’un de ses amis lui avait dit, faussement, que je l’avais insulté. J’ai été puni. C’est tout. Fin de l’histoire. 

Et encore aujourd’hui, je suis incapable d’en vouloir aux gens qui me bousculent dans la rue. Je suis incapable de hausser le ton. Je parle tout bas, si bien que les gens ont du mal à m’entendre. Et, lorsqu’on me crie dessus ou lorsqu’on me fait une réflexion, j’ai tendance à fondre en larmes. C’est surement pour ça que je n’arrive pas à rencontrer des gens et à m’inscrire dans une relation sur la durée sans avoir à me justifier ou à m’excuser sans arrêt. C’est surement pour ça, aussi, que je préfère rester seul. Et, au final, c’est très certainement pour ça que j’ai du mal à dormir la nuit. C’est le serpent qui se mord la queue. 

Une fois encore, je vous remercie d’avoir lu ce nouveau billet d’humeur un peu tiré par les cheveux. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il sortait du cœur. Je vous dis à très bientôt et à la semaine prochaine pour de nouvelles aventures qui, je l’espère, vous feront rire davantage que celle-ci. 

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LA SCANDINAVIE, DE LA GLACE ET JOKER (CHRONIQUE #3)

NDSRDLR* : Ayant été malade comme un chien au point d’avoir hérité du doux sobriquet de Mon Vieux Pataud, je me suis permis de m’accorder une journée de plus pour achever cette chronique.

Et voilà, deux premières semaine de cours achevées dans la plus pure tradition des rentrées couronnées de succès. C’était fort inattendu, je dois dire. Car lorsque j’ai choisi, en désespoir de cause, de tenter un coup de poker avec le destin en rejoignant les études nordiques, il me semble que je n’y croyais qu’à moitié, tant l’idée que je puisse tirer une gratification personnelle de l’apprentissage des langues en milieu universitaire me semblait saugrenue, et ce malgré tout l’amour que je peux avoir pour la scandinavie et plus particulièrement pour la Norvège, ses paysages, sa culture du deux de tension et du « chacun ses germes et ses problèmes ».

Qui plus est, le fait que cette rentrée en première année soit en fait la quatrième n’avait rien pour me rassurer. Durant trois années de suite, j’avais essayé de m’intégrer dans la fac d’histoire de Paris I Panthéon-Sorbonne. À grand mal, c’est peu de le dire, mon record de longévité universitaire étant de cinq jours. Profs antipathiques, cours rasoirs, locaux en ruines, atmosphère malsaine, voire sectaire, et surtout beaucoup trop de gens et de bruit. Ça ne pouvait pas marcher.

J’imagine d’ailleurs que le Centre Malesherbes dans lequel je me trouve est la très rare exception à la règle d’antipathisme qui semble régir le système universitaire français. Si j’en crois un article paru dans Le Progrès – qui, visiblement, donne raison aux reproches que j’ai pu faire à ce système par le passé – on en serait quasiment rendus à une sorte de chasse à l’homme qui friserait le rite sacrificiel si les lois n’étaient pas là pour protéger les (rares) pauvres fous qui parviennent à se glisser dans les AG pour faire entendre un son de cloche minoritaire (à droite de l’aile gauche du PS, pour faire simple) au risque de se faire dépecer vivant sur l’autel de la lutte finale.

À cela, je ferai le même reproche (infondé, pour la coup) que notre Très Cher Leader fit à Greta Thunberg il y a quelques jours : l’élevage en batterie d’étudiants en négativité générale (Cette désignation leur donne t-elle tort ? J’en sais rien et j’en ai strictement rien à battre). Voilà pourquoi je ne m’éterniserai pas sur le sujet qui me remet en mémoire les heures les plus sombres de mon histoire qui me reviennent en pleine mouille chaque fois que je me rends au Centre Clignancourt de la Sorbonne pour mes deux heures de langue anglaise hebdomadaires, sorte de centre névralgique de la négativité estudiantine.

J’avoue, même si je ne pensais pas nécessairement à ce combat dans les lignes qui précèdent, que j’ai mangé mes grands morts en apprenant la fonte du plus haut sommet enneigé de Suède, s’ajoutant à la longue liste des glaciers et autres bidules qui caillent et que je ne pourrai probablement jamais voir ailleurs que sur une putain de photo. Vous la sentez, la haine ?

Comment, en effet, ne pas y voir une forme d’égoïsme général lorsque la société toute entière acquiesce à la question « êtes vous prêts à troquer nos plus beaux sommets enneigés contre un plus large choix d’inoculateurs de cancer en sachets dans vos rayons surgelés ? »

Comment ne pas avoir la haine lorsqu’on constate que parisiens, provinciaux et internationaux confondus se branlent la nouille de se taper 37-40 degrés dans le nord de l’Europe à la mi-juin et que certains trouvent même moyen de trouver un avantage pécunier au réchauffement du Groenland, l’un des plus beaux joyaux naturels de notre planète asphyxiée ?

« Ah mais tu comprends, ça va permettre de forer et d’accéder à de nouvelles ressources ! », qu’ils disent (ressources qui nous permettront de polluer et de foutre en l’air la nature encore plus allègrement qu’à l’accoutumée, cela va sans dire).

Allez savoir pourquoi, quand c’est Jean Hugon qui fait ce genre de réflexions sur la responsabilité du système capitaliste dans l’état actuel de notre éco-système, ça me fait froid dans le dos mais quand ça vient de moi, ça me semble d’une logique implacable. Logique renforcée par cette vidéo vue en cours de géographie Nordique où un « agriculteur » Islandais exprimait pourquoi l’abondante exploitation des forêts (avec le sérieux concours des Vikings, d’ailleurs) pouvait expliquer qu’on trouve si peu d’arbres en Islande et à quel point il était compliqué de reforester cette terre à l’heure actuelle même si cela faisait partie des priorités du gouvernement et des pouvoirs publics qui semblent mettre toute leur énergie dans la culture d’arbres en serres pour une plantation abondante d’ici quelques mois voire quelques années.

On constatera d’ailleurs l’implication quasi surnaturelle de gouvernements nordiques pourtant de droite – voire d’extrême droite – dans la réduction de la surexploitation des ressources qui mènent à la destruction de notre patrimoine naturel. Je pense particulièrement au gouvernement Norvégien qui s’est engagé à refuser toute exploitation des ressources rendues accessibles par le réchauffement du nord du pays. Il faut dire que le pays est tellement riche (chaque citoyen norvégien étant millionnaire sur le papier) que cracher sur quelques millions en plus est un luxe qu’Oslo peut facilement se permettre.

Il faudrait donc voir notre refus, à nous Français bien franchouillards, de faire des efforts en matière d’écologie (si seulement c’était suffisant) comme une peur de sombrer à nouveau dans une crise économique qui reviendrait encore une fois à mettre dans la balance notre banqueroute à court terme et notre disparition quasi-certaine d’ici environ un siècle. C’est tellement absurde et égoïste qu’on serait tentés d’abréger les souffrances de l’humanité à grand coup de pierres d’infinité.

Ce qui m’amène, pour conclure cette chronique avec toujours plus de désespoir, à évoquer cette terrible erreur que j’ai commise la semaine dernière en « méprisant de classe » les Cinémas UGC, partant du principe que si avant-première il devait y avoir pour Joker de Todd Phillips, elle serait nécessairement au Grand Rex. C’est ainsi que je me suis lamentablement pris les pieds dans le tapis, payant ma place au prix fort pour une fausse avant-première la veille de la sortie nationale alors que l’authentique première diffusion se faisait cette semaine à l’UGC Normandie (où j’ai une carte illimitée), soit à deux pas de chez moi. J’imagine que c’est ça, le retour de karma qui me pend au nez depuis plusieurs semaines/mois.

Alors quel rapport avec tout ce dont j’ai parlé précédemment ? Je pense que le changement climatique, entre autres symptômes d’une société malade dont la précarité, le manque de reconnaissance sociale et la maladie mentale, est l’une des préoccupations au cœur de ce film que Todd Phillips nous a concocté, prélude à une véritable prise de conscience et à une révolte que semblent craindre certaines associations qui voient dans le film une sublimation de la violence. Cette sortie est assez ironique, d’ailleurs, un an après le début des manifs de Gilets Jaunes.

Sans être un outil de propagande, j’ai le sentiment, à la vue des trailers, qu’on se dirige vers une œuvre à la portée d’un V For Vendetta. Un moyen d’avaler plus facilement la pilule de la nécessité du changement et vers une sorte d’épiphanie populaire qui pourrait si bien être d’une grande utilité qu’un véritable désastre (les Révolutions aussi semblent particulièrement sujettes aux coups de karma, il me semble).

Bien, c’est donc ainsi que je conclus cette chronique un peu bancale. J’espère que ça vous a plu et je vous dis à la semaine prochaine pour de nouvelles aventures passionnantes !

*(Note Du Seul Rédacteur De La Rédaction)

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PATRICK BALKANY, LE CLUEDO ET DU PAIN BUCHERON (CHRONIQUE #2)

J’avoue qu’il m’arrive de me comporter bizarrement. Ainsi, par un étrange alignement des planètes, m’étais-je retrouvé au rayon littérature éducative de la FNAC des Champs-Élysées, « Main on End » de l’OST d’Avengers Endgame dans les oreilles, à la recherche d’un manuel de grammaire estampillé Bescherelle afin de combler certaines lacunes accumulées durant mon jeune âge, lorsque le système scolaire français m’a mis dans le crâne, volontairement ou pas, que je ne ferrai jamais rien de ma vie et qu’il était peut-être préférable de laisser tomber dès lors.

Si bien que les gens ont tendance à dire de moi que je suis « tête en l’air » ou « dans les nuages », toujours à m’imaginer ce que serait la vie si (…), les écouteurs vissés dans les oreilles comme s’ils étaient mon organe de l’inspiration, l’appendice par lequel tout transite. Des personnages que j’invente aux histoires que j’imagine. Ces histoires que je me retiens d’écrire car je sais que si je commence, il viendra un moment où je ne saurai pas accorder cette phrase qui sonnait si bien dans ma tête. Du coup, je crois que c’est une assez belle mise en abime pour une anecdote au sujet d’un Bescherelle. 

Anecdote qui reflète assez bien le vide intersidéral de mon existence lorsque je n’ai aucune responsabilité professionnelle. C’est ce qui m’a conduit, après une première leçon sur les catégories de mots, à acheter la version Nintendo Switch du Cluedo. Ceux qui me connaissent savent d’ailleurs que je raffole de ce jeu de société. Avis aux amateurs. D’ailleurs, pour ceux que ça intéresse, je ferais bien une partie de Monopoly prochainement. 

Ce qui m’amène à pousser un coup de gueule. Comment expliquer, alors même qu’à l’achat, jouer en ligne à la Switch n’était pas payant, Nintendo se soit lancé dans l’imitation des escroqueries que nous offrent Microsoft et Sony depuis la dernière génération de consoles et à laquelle nous aurions du nous opposer fortement ? Ajoutez à cela qu’en plus de devoir me contenter de jouer face à l’intelligence artificielle de la console, je sois obligé de conserver mon achat dans la mesure où l’entreprise nippone est hostile à tout remboursement (malgré le prix exorbitant de ses titres). Inintéressant au possible ? Certes. 

Il est d’ailleurs amusant que j’ai pu apprendre la condamnation de Patrick Balkany au terme d’une partie de Cluedo. Pour une fois, ça n’était pas le Colonel Moutarde, dans la cuisine, avec la sauce béchamel (ou Bescherelle) qui avait commis le crime. C’était le Maire de Levallois-Perret, avec la valise de billets dans l’avion en partance pour le Maroc. Il s’avèrera pourtant que les habitants de la dite ville soient assez indifférents à la notion de fraude fiscale, ce qui a le don d’agacer l’aile gauche française qui préfère se dire que ce sont des électeurs du maire en disgrâce ou que « ce sont des idiots qui ont bien tort de se réjouir de la nouvelle piscine municipale creusant un peu plus le déficit de la ville » alors même que les leaders de la gauche clament à qui veut l’entendre que « la France n’a jamais été aussi riche » et qu’il serait peut-être temps de mettre la main au portefeuille. 

Portefeuille que je ne prends jamais avec moi, d’ailleurs. Je me faisais justement la réflexion tout à l’heure en allant marcher. C’est une vilaine manie liée au fait que je suis très encombré par mon corps et peu habile de mes mains. Rendez-vous compte : je suis cette personne à la boulangerie qui galère à sortir son portefeuille de sa poche, qui galère à l’ouvrir, qui galère à sortir sa carte de crédit et qui galère à la ranger avec sa putain de baguette de pain dans l’autre main. Ce même connard qui vous a fait attendre une minute alors qu’un client prend en moyenne trente secondes pour effectuer sa transaction. C’est ce qui m’a conduit à abandonner l’idée du portefeuille, me disant que ce serait bien plus pratique de conserver ma carte de crédit dans la poche intérieure de ma veste, d’où j’ai tout autant de mal à l’en extraire, d’ailleurs. Tout ça pour un pain bucheron.

Il faut savoir que, jusqu’à très récemment, j’étais habitué à consommer des pains au lait Pasquier pour le petit déjeuner. Délicieux, ils laissaient pourtant une petite touche d’inaccompli qui ne me met pas en joie lorsque je dois me lever à sept heures (dans la mesure où je suis plutôt du genre treize heures du matin), sans compter le fait que ma consommation faisait effet caméléon sur leur aspect industriel, ce qui fait que j’avais tendance à les enchaîner sans trop prendre en considération le nombre de calories, me rappelant l’adage de ma grand-mère exprimant cette idée qu’au petit-déjeuner, on mange comme un Prince (cela dit, dans mon idée, les Princes sont plutôt fins).

Il se trouve donc que je suis retourné en Norvège en aout dernier pour l’anniversaire de mariage d’amis très chers. Occasion pour moi de faire un break avec le sieur Pasquier. C’est là que j’ai redécouvert le charme de la boule de pain. De retour en France, je me mettais donc en quête du boulanger qui saurait si bien retranscrire cette saveur que je voulais retrouver au petit déjeuner. C’est ainsi que j’ai découvert le pain bûcheron (ironique quand on sait que c’est un séjour dans la forêt qui m’a mis en appétit). Composé de farine de blé, de seigle, de blé malté, de graines de tournesol, de lin, de soja, de sésame et de gluten de blé, il me semblait tout à fait sain et ça n’est pas la dose de matières grasses que je mettrais dessus qui y changerait quoi que ce soit, même en y ajoutant ma dose de lait chocolaté quotidienne et le verre de jus d’orange qui va avec. 

Faisant partie de ces gens qui sont restés coincés avec leur néophobie infantile, j’ai beaucoup de mal à m’alimenter durant la journée, ce qui explique que je préfère travailler de chez moi, endroit où je suis certain que ma crise d’hypoglycémie ne fera pas trop de dégâts (dans un 17m2, il y a une chance sur trois que je tombe à la renverse sur mon lit double qui prend à lui seul un tiers de l’appartement déjà pas bien grand). Donc, pour moi, si je suis contraint à sortir pour travailler, comme il semble que ce soit le cas pour au moins les trois prochaines années, si je dois tenir neuf heures avec seulement un petit déjeuner dans le ventre, il vaut mieux qu’il soit de haute qualité.

Ce qui me ramène à mes cours, l’apprentissage des langues étant un catalyseur de céphalées assez brutal chez moi, ma mauvaise alimentation n’arrangeant rien à l’affaire. Je commençais donc par un premier cours d’islandais, occasion pour moi de me plonger dans le grand bain de l’exotisme lexical des scandinaves à base de « Vaðlaheiðarvegavinnuverkfærageymsluskúraútidyralyklakippuhringur », soit le mot le plus long de ladite langue si j’en crois le blog europeisnotdead.com (qui, si vous voulez mon avis, ferait un bon nom pour un groupe de bloqueurs de frontières).

Et si je peux placer la même confiance en mes professeurs, je vais très probablement me sentir bien seul dans l’antichambre de mon premier entretien d’embauche post-diplôme dans la mesure où seuls 300.000 personnes sur terre parlent l’Islandais. Autant dire que d’ici trois ans, il est probable que je sois la planche de salut d’un Islandophone réveillé un beau matin dans une baignoire pleine de glace dans un vieil hôtel miteux avec vue sur Gare du Nord. 

Cela dit, il est assez peu probable que je rencontre un islandais à Paris. Il est d’ailleurs hautement plus improbable que ce dernier ait la malchance de tomber dans un trafic d’organes. Il n’en sera pas de même pour les norvégiens qui sont un peu plus nombreux. De toutes manières, islandais comme norvégiens étant parfaitement bilingues, ce que je dis n’a aucun sens. Ce qui m’amène à conclure cette deuxième chronique en vous souhaitant une agréable semaine qui, je l’espère sera toute aussi riche et enrichissante que la mienne. Gardez le sourire et à mercredi prochain !

50 NUANCES DE GAY, CULTURE, SOCIÉTÉ

Jason Barrio, auteur et interprète de #Condamné 03-64 : “Cette pièce raconte un internement dans lequel le seul espace de liberté est la poésie”

Tout est parti d’un article paru en 2017 dans le magazine moscovite d’opposition Novaïa Gazeta. Elena Milachina, journaliste réputée y dénonçait des centaines d’arrestations, de tortures et d’assassinats d’homosexuels en Tchétchénie. C’est en réaction à cette actualité que Jason Barrio a créé « Condamné #03-64 » qui raconte l’histoire de Pavel, homosexuel tchétchène emprisonné, torturé et assassiné à cause de son orientation sexuelle.

Propos recueillis par Victorien Biet.

Jason, aujourd’hui, tu nous présentes ta pièce « Condamné #03-64 ». Qu’est-ce que ça raconte ?

Cette pièce parle de la répression des homosexuels en Tchétchénie. Elle est issue d’une performance créée en juin 2017 suite à l’article paru sur Novaïa Gazeta. Elle raconte l’histoire de Pavel, un homosexuel tchétchène maintenu dans une prison illégale, du moins aux yeux de la constitution russe. À travers « Le Dernier Jour d’un Condamné » de Hugo, nous découvrons son arrestation. Cet ouvrage se veut assez universel puisqu’on ne sait pas quel est le motif de l’arrestation. On suppose que c’est un meurtre mais ça n’est pas explicitement dit. Ça m’intéressait de travailler avec ce texte parce-qu’il parle de l’intérieur, de la cellule, du quotidien et de comment la pensée arrive à survivre. 

Puis il nous parle aussi de son quotidien et de sa famille, tout ce qui existait avant son arrestation. 

Ce que je voulais au sujet de Pavel et de ses derniers jours, ses dernières heures, c’était montrer qu’il avait essayé d’avoir une vie normale aux yeux de la société tchétchène en défendant la vie de sa femme, la vie de sa mère, la vie de sa fille. L’important était qu’il ne soit pas purement tchétchène. Il faut savoir que ce pays est une république autonome et que différentes communautés y cohabitent. Donc, ça n’est pas simple comme territoire. Ils sont tous russes mais il y a des disparités. Donc ça raconte ça et son internement dans lequel le seul espace de liberté est la poésie, le seul moyen d’aller ailleurs. C’est pour cette raison que j’ai fait de ce personnage un bibliothécaire. Ça a permis de lui donner un accès à la littérature et ça justifie ses envolées lyriques lorsqu’il cite Hugo ou Rimbaud, toutes ces choses qui le traversent. 

Pour passer de la performance au théâtre, on a ajouté pas mal de texte et j’ai aussi beaucoup écrit pour évoquer son arrestation pour expliquer comment se passe la vie dans la prison. Avec des passages de l’ordre du désir, par exemple. Il y a trois temps, en fait : un premier où il parle de lui, de sa vie, de sa lutte intellectuelle, un deuxième qui est un happening lorsqu’il est surpris en plein élan de liberté par un gardien qui provoque une humiliation publique et un troisième où il évoque son amant et son arrestation qui aboutit à l’exécution de Pavel par sa propre famille.

“Le théâtre n’est pas simplement un endroit de divertissement pour moi.”

Qu’est-ce qui t’a motivé à reprendre ce sujet ?

Le choc, tout d’abord, et le fait que les médias n’en parlent pas, en pleine élection présidentielle. C’est pas simple de faire du journalisme en Russie et à plus forte raison en Tchétchénie. Donc ça m’importait de faire savoir ça à travers une performance. Le théâtre n’est pas simplement un endroit de divertissement pour moi. Ce qui me semble important, c’est que le théâtre puisse être un endroit où on peut suivre un processus. Ça aurait sans doute eu plus d’impact d’en parler pendant deux minutes sur YouTube mais ça m’importait de faire un spectacle avec l’idée que le spectateur rentre dans le processus de condamnation. On est avec le condamné pendant un laps de temps. Au début, la performance durait 25 minutes et on est passés à 1h de spectacle. À la fois, le théâtre est éphémère mais permet aussi ces rencontres-là qui ne sont pas du tout éphémères.

D’où t’est venue l’idée de reprendre l’ouvrage d’Hugo pour ta pièce ? 

Au départ, c’était un hasard. Je la relisais et ça m’est apparu comme une évidence. Et puis l’idée de la transposition n’était pas très difficile. La langue de Hugo est tellement forte qu’il a suffi de la transposer à cette situation pas du tout universelle pour que ça fonctionne immédiatement. Ce choix m’est aussi venu en cherchant un moyen de sublimer la violence. Si je n’avais pas fait ça et si je n’avais fait qu’écrire, il n’y aurait pas eu cet élan poétique. Ça aurait nui à ce qu’on voulait raconter car le sujet est tellement violent et insoutenable que ça doit passer par une langue qui sublime ce qui se passe. Sinon c’est trop premier degré. À la fois, ça m’intéresse de donner la parole à ces victimes mais ça passe aussi par en faire des héros par la langue. D’où mon choix pour Hugo. Évidemment, les évènements de Tchétchénie rappellent les crimes commis par les nazis sur les homosexuels pendant la guerre. Ça m’a conduit à me pencher sur d’autres ouvrages dont le témoignage de Pierre Seel, « Moi, Pierre Seel, Déporté Homosexuel », publié en 1994 sur les conseils de Jean Le Bitoux, rédacteur en chef du magazine Gai Pied. 

“On a regardé le film et ça m’est apparu comme une évidence qu’il devait arriver en ouverture de ma pièce.”

Tu as choisi d’ouvrir ta pièce avec un court-métrage intitulé « Aujourd’hui ». Que peux-tu nous en dire ? 

Les choses se font souvent par hasard mais pas sans raison. Le hasard a été que le compagnon de l’organisatrice du festival durant lequel a été jouée ma pièce avait également traité de ce sujet dans un court-métrage. À l’époque, il pensait faire de la science-fiction mais au final, pas du tout. Le hasard veut que l’acteur qui joue, Hugo Léonard, était en cours avec moi. On a regardé le film et ça m’est apparu comme une évidence qu’il devait arriver en ouverture de ma pièce. Ces deux objets artistiques se complètent car le film raconte l’arrestation, les dernières heures d’un couple homo dans une société française où l’homosexualité est repénalisée et considérée comme une maladie mentale et moi je raconte la même chose transposée en Tchétchénie. 

Au final, comment ça s’est passé ? Que retiens-tu de cette représentation ? 

Ça s’est bien passé, surtout qu’elle avait le goût d’une première. J’étais content car il y avait beaucoup de monde et l’association Le Refuge a fait venir trois jeunes dont un moldave qui a été très touché par le spectacle. Je suis très content et touché, surtout par les témoignages qui me sont parvenus. C’est là qu’on voit le sens de mon métier. Seule déception : j’aimerais que les associations et les politiques s’en emparent davantage. Qu’il y ait un relai plus important pour que ce spectacle ait une vie. Malheureusement, les programmateurs nationaux ne se sont pas déplacés, de même que la DRAC. Ils sont surchargés, c’est vrai, mais sans eux, je ne pourrai pas faire vivre ce spectacle. J’espère que les gens vont se mobiliser car je pense que ce spectacle a du sens aujourd’hui.

Donc pas d’autres représentations pour le moment ? 

Non, malheureusement. On n’a même pas encore pu prendre le temps de débriefer, de voir le nombre d’entrées et surtout ce qu’il est possible de faire avec le Lavoir Moderne Parisien mais nous avons bon espoir de pouvoir jouer très bientôt la pièce en dehors de Paris mais je ne vous en dit pas plus pour l’instant !

PLUS D’INFOS :
– barrio.jason@gmail.com
– la.compagnie.theatre.machine@gmail.com
Page Facebook de Jason Barrio.

ACTUALITÉ, POLITIQUE, SOCIÉTÉ

Les mormons imposent un centre anti-LGBTQ+ en plein cœur du Marais !

Pour celles et ceux qui vivent Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie depuis plus d’une dizaine d’années, la permanence de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est devenue habituelle, presque un symbole de la diversité républicaine et du vivre-ensemble. Les habitants du quartier prenant même un malin plaisir à taquiner les fameux missionnaires cherchant à les convertir. Pourtant, les mormons ont décidé de passer à la vitesse supérieure en cette année 2018. Bas les masques : la permanence devient un centre anti-LGBTQ+.

Par Victorien Biet

Depuis de nombreuses années, la communauté mormone de France est sujette à controverses, que ce soit pour son homophobie (ou, plus épisodiquement, son racisme) ou son très puissant lobbying lui ayant permis, en 2013, d’ouvrir son premier Temple en Ile-De-France au prix de nombreuses nuisances sonores, visuelles et écologiques.


Temple mormon ouvert en 2013 à Le Chesnay (Ile-De-France).

En effet, il est de notoriété publique que les mormons et les homos n’ont jamais fait bon ménage même si l’Église a interdit à ses fidèles de participer aux manifestations contre le Mariage Pour Tous. La haine des homosexuels est telle que ces derniers sont systématiques excommuniés (et donc condamnés à une éternité de purgatoire dans la croyance mormone) s’ils refusent de “changer leurs pratiques” en suivant l’une des fameuses thérapies de conversion. La persécution va même bien plus loin puisqu’elle s’exerce contre les familles des homosexuels qui s’exposent elles aussi à des sanctions, les enfants n’étant pas épargnés.

Les habitants du Marais ne sont d’ailleurs pas en reste puisqu’une permanence a été installée il y a plusieurs années Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie. Pourtant, les missionnaires de l’Église ont rapidement compris qu’ils n’arriveraient pas à leurs fins et il est aujourd’hui très rare de les voir sortir à leurs risques et périls dans ce quartier où les habitants s’amusent régulièrement à les titiller.

La décision a donc été prise, peu de temps après l’arrivée du nouveau prophète de l’Église, Russell M. Nelson (qui bénéficie d’un véritable culte de la personnalité), de transformer l’inutile permanence en centre “d’histoire familiale”. Si la direction du centre prétend, en toute logique, que ce dernier ne sera consacré qu’à la généalogie (les mormons accordant une très grande importance à cette pratique), il est ironique qu’un tel endroit, prônant la “famille traditionnelle”, ouvre entouré par un bar et un restaurant LGBTQ+.

SOCIÉTÉ

Nous, néophobes non-traités.

Depuis de très nombreuses années, soit une bonne quinzaine, je n’arrivais pas à m’ôter de la tête cette idée selon laquelle ma répugnance (voire pire) pour tout ce qui sortait de mon cadre alimentaire très peu équilibré était un cas unique au monde et que, fort malheureusement, j’étais incurable car seule victime de cette maladie qu’est la néophobie que nous possédons pourtant tous à différents degrés. De fait, depuis l’enfance, mon côté caractériel a rapidement eu raison de la volonté de ma mère et donc de la composition voulue saine et diététique de mes repas. Jamais habitué à la diversité, je me suis rapidement enfermé, sans progresser, dans une attitude hautement problématique pour moi et mon équilibre physique et psychologique. Je vous raconte. 

Par Victorien Biet.

Pas facile de manger des légumes, quand on est tout petit. Pour certains, comme moi, c’était même un véritable défi. Quelque-chose d’insurmontable. Ça l’est d’ailleurs toujours aujourd’hui. Le voilà, le problème. D’ailleurs, je me permet d’insister sur ce point pour les parents qui pourraient me lire : ne laissez pas votre enfant prendre de mauvaises habitudes alimentaires. Le goût de votre bambin se travaille et s’il n’est pas titillé régulièrement par la nouveauté, il va se rabougrir et votre progéniture vous le reprochera toute sa vie.

La Néophobie non-traitée, un handicap social.  

De fait, je n’ai jamais trouvé le moyen de remédier à ce véritable handicap. Et si je parle de « handicap », ça n’est pas par provocation, au contraire. Il est avéré que l’alimentation revêt une importance capitale dans la socialisation. Imaginez donc ce que cela peut représenter pour un enfant, de devoir subir chaque jour, durant des années de cantine scolaire, ce même blocage (quitte à se faire punir quotidiennement) et, une fois arrivé à l’âge adulte, de devoir se justifier en permanence de ne pas vouloir déjeuner avec ses collègues de bureau ou de ne calmer sa faim qu’avec des aliments à base de pommes de terre frites, de bonbons ou de gâteaux. Le handicap est quotidien et le traumatisme est bien réel. D’autant que cette maladie (qui n’est pas incurable, je le souligne) est fort méconnue et qu’elle peut ressembler, dans l’esprit de personnes mal-lunées, à un caprice d’enfant gâté. 

À cela vient s’ajouter un problème très grave et absolument dramatique sur le plan psychologique (voire psychiatrique, sur le long terme) : celui de la honte qui conduit à l’isolement social. En effet, comment ne pas avoir honte, passé 18 ans, d’imposer à vos amis de sortir au restaurant dans un lieu que vous avez spécialement choisi et où vous pourrez commander ce qu’il vous convient ? Peut-être avaient-ils envie de sushis, idée qui vous répugne au plus haut point ? Comment pouvez-vous leur imposer cela ?  De ce fait, vous faites le choix de ne plus sortir avec vos amis. Vous-vous isolez et vous-vous enfermez dans votre phobie. Dépression, solitude, suicide… Les conséquences peuvent être dramatiques.

Comment vivre avec.

J’ai longtemps pensé que la seule considération que je devais avoir était celle de mon poids. Imaginez donc ma surprise lorsque j’ai appris que « mauvaise alimentation » et donc « carences » rimait avec « perte de cheveux » et « problèmes de peau ». Sans compter les conséquences qu’entraine une alimentation trop riche en graisses. Imaginez donc mon horreur lorsque j’ai appris que les grands buveurs n’avaient pas le monopole des maladies de foie et que, faute je changement radical, j’allais probablement mourir d’ici quelques années de la « maladie du soda » récemment contractée par Pierre Ménès. Oui, on me dit toujours que je suis un peu excessif mais mieux vaux prévenir que guérir (d’autant que je suis un peu hypocondriaque, aussi).

Vivre avec cette phobie, n’est donc pas chose aisée et, si la vôtre se focalise essentiellement sur les aliments sains – comme la mienne -, alors pas de chance pour vous mais il va falloir redoubler d’efforts. Puisqu’il n’existe pas de solution miracle et que la seule méthode, que je vous détaille ci-après, demande énormément de motivation et un travail sur soi considérable, alors il va vous falloir tricher et compenser. Sachez-le : vivre avec, c’est le bagne et je ne le souhaite à personne. Pourtant, il est possible de pallier ce gros problème en évitant les excès, en ayant une activité physique régulière (au moins 12 kilomètres de marche rapide par jour, me concernant) et en pratiquant le jeun. De même, les compléments alimentaires (je pense surtout aux vitamines B) peuvent s’avérer très efficaces pour garder la forme !

Quelques pistes pour s’en sortir.

Le plus gros problème – à mon sens – du néophobe est le fait que, la plupart du temps, cet individu n’a personne à qui confier son problème sans être catalogué comme une personne “difficile” ou carrément “capricieuse”. De fait, comme pour tout problème d’ordre psychologique, il est essentiel de libérer la parole. En parler ne le résoudra pas mais vous permettra de mettre des mots sur vos angoisses et donc de mieux les comprendre. Je connais, personnellement, les causes de mon handicap et je me sens bien mieux armé ainsi, maintenant que je sais qu’il va me falloir effectuer un travail sur moi-même pour évoluer.

Si vous effectuez quelques recherches sur le net concernant cette phobie, vous tomberez sans doute sur de nombreux “spécialistes” vous conseillant d’effectuer une thérapie comportementale, tenez-vous bien, dans leur propre cabinet. Comme vous-vous en doutez, il est très peu probable qu’un tel traitement puisse fonctionner, à moins que le thérapeute ne sache vous anesthésier les papilles gustatives chaque fois que vous devez avaler un chou de Bruxelles. Le seul conseil, qu’il me faudra très bientôt appliquer à moi-même, que je pourrais vous donner – et que la majorité de ceux qui s’en sont sorti donnent à leurs congénères – est de vous préparer psychologiquement et de gouter de nouveaux aliments en très petites quantités. Amusez-vous et préparez vos propres petites recettes, des choses qui font plaisir à regarder et qui donnent envie d’être avalées. Dites-vous que ce sera un très long travail et que vous n’apprivoiserez pas votre palais en un repas. Apprenez simplement à gagner du terrain, progressivement, en goutant de nouvelles choses et, surtout, en vous faisant plaisir. L’idée n’est pas de vous faire dégobiller votre déjeuner sur votre plus beau tapis à cause d’une cuillère de petits pois (oui, c’est du vécu).

MON ACTU, SOCIÉTÉ

Mr.B est de retour dans le Marais !

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Vous avez été nombreux à regretter la fermeture de l’enseigne Mr.B, l’année passée, en plein cœur du Marais. Grand nom du fétichisme gay parisien, cette boutique était une référence et sa fermeture provoqua un véritable séisme dans la communauté LGBT. Depuis remplacée par l’enseigne portugaise eNeNe, personne ne croyait à son retour et nous-nous étions résolus à ne plus voir le logo ailé que lors d’escapades érotiques au nord de l’Europe.

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Seulement, vous serez heureux d’apprendre que la marque est enfin de retour dans la capitale. Non plus en tant que boutique mais en tant que corner, au sous-sol de la légendaire boutique IEM. Garçon Magazine et Qweek étaient naturellement de la partie et c’est avec plaisir que nous avons pu découvrir ce tout nouvel espace aménagé spécialement pour accueillir les produits les plus populaires de la marque.

Naturellement, le cuir y est à l’honneur et les nostalgiques ont pu se réjouir de retrouver les sublimes vestes, pantalons, chemises et bottes (pour lesquels il faudra naturellement mettre la main au portefeuille) que proposait jadis la marque dans sa boutique du 24 Rue du Temple. Verdict : nous, on a adoré. Alors n’hésitez pas à aller faire un petit tour chez IEM, 16 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, pour découvrir ce tout nouveau corner qui vous remplira de nostalgie !

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